Faire et défaire...

©Sofie Van Hoof

Le PS veut revenir sur la réforme du stage d’attente.

On savait déjà que la limitation dans le temps des allocations d’insertion des jeunes n’enchantait pas le PS. C’est confirmé puisque le parti socialiste l’écrit noir sur blanc dans son programme: s’il revient au pouvoir, il mettra tout son poids dans la balance pour faire retirer la mesure. Quant au cdH, il ne faudrait pas trop le pousser dans le dos pour qu’il se range derrière le PS.

Les deux partis ont pourtant signé la réforme du stage d’attente des jeunes. Contraints et forcés, diront-ils, car il s’agissait alors – on était en 2011 – de boucler un accord de gouvernement après 541 jours de crise. Compte tenu du nombre de partis représentés autour de la table, chaque négociateur a dû mettre de l’eau dans son vin. Mais clairement, le PS n’a jamais pu avaler la réduction des allocations d’insertion. Même s’il clame qu’il était à l’époque parvenu à arracher un compromis, car plusieurs autres partis demandaient la suppression pure et simple de ces allocations.

Donc, si le PS est à la négociation après le 25 mai, il est prêt à revenir sur une décision prise par le gouvernement dirigé par son coreligionnaire, Elio Di Rupo. Vous avez dit schizophrène? On nous répondra: c’est le propre des gouvernements de coalition, obligés d’avaliser une série de compromis, y compris des décisions contre-nature pour certains partis. Mais c’est aussi le propre d’un régime à la proportionnelle d’engranger une série d’avancées durables, sur lesquelles il est difficile de revenir, précisément parce que chacun s’y tient par la barbichette.

Si chaque gouvernement doit commencer à détricoter ce que le précédent a mis en place, la dynamique décisionnelle risque d’en prendre un coup, tout comme la stabilité législative. Après tout, on ne peut que se réjouir de voir que l’on n’a jamais essayé de revenir sur les avancées éthiques de ces vingt dernières années. Et malgré tout le mal que l’on a dit à gauche des intérêts notionnels, on constatera qu’ils sont toujours là.

En France, archétype de l’alternance politique, chaque gouvernement perd un temps précieux à défaire tout ce qui ne lui plaisait pas sous la législature précédente. Ce n’est tout de même pas cela que nous voulons?

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