Faire la nique aux émergents

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Les pays membres de l’Union européenne sont finalement tombés d’accord sur la proposition qu’ils déposeront sur la table des négociations de l’accord de libre-échange transatlantique entre l’Europe et les Etats-Unis. Si ces deux blocs économiques parviennent à se mettre d’accord sur des normes et des réglementations communes, les autres puissances économiques (les pays émergents et, en ligne de mire, la Chine) devront probablement s’y conformer à leur tour. Et cela, les négociateurs l’ont parfaitement compris.

Les discussions ont pourtant bien failli achopper sur la question de " l’exception culturelle " chère à la France et à d’autres pays (dont la Belgique) : fallait-il faire entrer l’audiovisuel, domaine dans lequel les Américains sont hyperdominants, dans le champ des négociations ? Finalement, les Européens ont trouvé une astuce qui a mis tout le monde d’accord. Ce qui est remarquable avec cette controverse sur l’exception culturelle, c’est qu’elle a donné l’impression que le futur accord transatlantique reposait sur un fondement purement idéologique : favoriser le libre-échange (sous entendu le libéralisme à tout crins) au détriment de la culture et des particularités locales.

Or, ce n’est pas le cas. Du moins, pas uniquement. Bien sûr, l’accord prévoit l’abaissement des barrières douanières et la libéralisation de certains secteurs. Mais très franchement, entre l’Europe et les Etats-Unis, il n’y a plus beaucoup de barrières douanières, et la plupart des secteurs des deux entités ont été libéralisés depuis des années. Un autre volet des textes en préparation prévoit l’harmonisation d’un certain nombre de règlements, qui rendrait notamment possible que les normes de fabrication de certains produits (les ceintures de sécurité dans les voitures par exemples) soient rigoureusement identiques des deux côtés de l’Atlantique. Aujourd’hui, ces différences de réglementations ressemblent fort à des " droits de douane déguisés " équivalant 10 à 20% sur certains produits.

Mais les signataires de cet accord transatlantique ont encore d’autres motivations. Si les Européens et les Américains ont décidé de relancer la négociation d’accords bilatéraux, c’est que les discussions à l’Organisation mondiale du Commerce –pour obtenir le même type d’accord, mais au niveau mondial-, ces discussions sont actuellement dans une impasse totale. Or, ensemble, ces deux blocs économiques représentent une puissance colossale (les échanges entre eux représentent 2 milliards d’euros par... jour, c’est 50% du commerce mondial). S’ils parviennent à se mettre d’accord sur des normes et des réglementations communes, les autres puissances économiques (les pays émergents et, en ligne de mire, la Chine) devront probablement s’y conformer à leur tour. Et cela, les négociateurs l’ont parfaitement compris.

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