France-Belgique : le grand fossé ?

Ces dernières semaines, on a parfois l'impression que la France et la Belgique ne sont plus vraiment sur la même longueur d'ondes. L'illustration la plus spectaculaire du fossé qui s'est creusé entre nos deux pays, c'est évidemment l'exil fiscal de riches citoyens français qui fuient l'impôt sur la fortune.

Si Bernard Arnault, le patron de Louis Vuitton, n'a jamais voulu s’étendre sur les raisons de sa demande de nationalité belge, l'acteur Gérard Depardieu en revanche ne s'est pas gêné pour admettre la motivation fiscale de son déménagement dans le Hainaut. Le "cas" Depardieu semble d’ailleurs avoir fait déborder le vase, si j'ose dire…

Vendredi, le président François Hollande a déclaré qu'il voulait revoir les conventions fiscales de la France avec les Etats membres de l'Union européenne. Plusieurs pays sont concernés, mais la Belgique est clairement visée, évidemment, puisque le président français a dit vouloir "traiter le cas de ceux qui se sont installés dans quelques villages belges".

Mesure de rétorsion ou hasard du calendrier, un autre différend franco-belge a fait couler beaucoup d'encre récemment: la France a décidé d'augmenter de 160% ses accises sur la bière alors qu'une telle augmentation n'était pas prévue pour le vin. Mais on voit bien l'idée: d'un côté la France importe beaucoup de bière (belge, notamment) et de l'autre elle produit beaucoup de vin. Les parlementaires belges sont furieux et crient à la distorsion de concurrence, mais jusqu'à présent la France campe sur ses positions.

Pour démontrer à quel point nos deux pays semblent parfois prendre des voies divergentes, je pourrais aussi évoquer nos relations respectives avec ArcelorMittal. Le groupe sidérurgique, lui, ne fait pas la distinction: il veut fermer les hauts-fourneaux de Florange comme il veut fermer ceux de Liège. Alors que chez nous, on semble accueillir la nouvelle avec une certaine résignation, nos voisins français au contraire crient et tempêtent, et un ministre va jusqu’à parler de "nationaliser l'outil"...

Etonnant tout de même, alors que les deux pays sont pratiquement les seuls d'Europe à être dirigés par des socialistes… Mais la crise économique et les méthodes que les gouvernements choisissent pour essayer d'en sortir n'obéissent pas toujours aux règles des amitiés politiques.

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