Fraude aux cryptomonnaies: la réponse ne sera pas judiciaire

Journaliste

Le nombre de fraudes à l'investissement, dont celles via les cryptomonnaies, progresse en Belgique. Le signe qu'une régulation du secteur est indispensable. Mais l'Europe traîne.

Une monnaie, c'est une affaire de confiance. Et comment faire quand celle-ci peut s'envoler? C'est la question que l'on se pose à propos de l'engouement qui accompagne l'essor des cryptomonnaies et des fraudes terribles qui y sont attachées, de manière presque naturelle.

Alors que les poids lourds de la nouvelle économie mondiale ont grimpé à bord du train de la "hype crypto", c'est tout un écosystème criminel qui s'est arrimé aux wagons, convaincu à juste titre que les rails sont en or massif. Voici donc le signalement des fraudes qui augmente chaque année auprès de la FSMA, le gendarme financier. Et les autorités sont condamnées à une quasi-impuissance, rageant devant des organisations criminelles finement organisées, dont on peut parfois - s'ils commettent des erreurs - arrêter des membres, mais aucun espoir de retrouver l'argent envolé. En quelques secondes, l'argent part à l'étranger, bondissant de compte de mules bancaires en comptes offshores.

La vraie difficulté en matière de fraude aux cryptomonnaies, c'est la large place laissée aux escrocs par l'absence de réglementation.

La vraie difficulté, en matière de fraude aux cryptomonnaies, c'est la large place laissée aux escrocs par l'absence de réglementation. Le marché commun, la mondialisation et la numérisation globale sans contrepartie de régulation ont créé, en parallèle de richesses, un Far West sans foi ni loi où certains peuvent gagner gros et d'autres finir sur un rail avec du goudron et des plumes.

Il n'est pas question ici de se lamenter sur la traditionnelle impuissance de la justice: la réponse aux fraudes aux cryptomonnaies n'est pas judiciaire. Elle se trouve bien en amont. Et même au-dessus des États. C'est bien à l'Europe de prendre le taureau par les cornes. Elle a commencé ce travail en 2019, a déposé une "proposition de règlement" en septembre 2020, dite MiCa ("markets in crypto assets"), visant à harmoniser les législations nationales et à se substituer à elles. L'objectif est double: créer une sécurité juridique permettant le financement et protéger l'investisseur qui veut mettre quelques billes dans les "cryptos".

L'Europe suit donc la bonne voie. Mais à sa manière: pas très rapide. Et pendant ce temps, d'autres investisseurs, pourtant pas plus bêtes que vous et moi, se feront berner par la fine fleur de la criminalité qui continue à profiter de l'aubaine.

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