Gafa, l'impossible taxe

Les géants du net restent intouchables

L’arrogance française a parfois du bon. Nos voisins n’ont pas accepté de se faire flouer par les géants technologiques qui font des millions de profits sur leur sol sans payer la moindre taxe. Alors la France a osé défier l’industrie technologique en imposant une taxe Gafa à hauteur de 3% de leur chiffre d’affaires, en attendant l’adoption d’une fiscalité internationale.

Les Français avaient tenu bon jusqu’ici en défendant vaille que vaille leur taxe face aux menaces du président Trump, mais Emmanuel Macron vient d’offrir l’une des plus belles séances de rétropédalage en proposant finalement de suspendre provisoirement la collecte de sa taxe en 2020 afin d’éviter les sanctions américaines. L’objectif avoué est aussi de se donner plus de temps pour trouver un accord mondial au sein de l’OCDE.

Si près du but, les Français ont donc craqué. Les menaces de plus de 1000% de taxation sur les importations françaises auront eu raison des discours enflammés. L’arrivée cette semaine sur le sol français de Netflix et de ses millions promis à la production culturelle "made in France" n’y est peut-être pas étrangère non plus.

Une régulation mondiale aurait l’avantage de ne pas mettre un seul pays en conflit direct avec les Gafa.

Quoi qu’il en soit, le résultat est là: personne n’est encore parvenu à taxer ces satanés Gafa à la hauteur des profits faramineux qu’ils engrangent. Loués pour leurs innovations, ils sont tout autant vilipendés pour leur propension à esquiver les impôts.

L’exemple français ne doit pas être enfoui si vite pour autant. Premièrement, il n’est pas complètement enterré et pourrait tout de même voir le jour dans un avenir proche, et deuxièmement, il pourrait servir de base pour une régulation européenne voire plus globale au niveau de l’OCDE. Une régulation européenne ou mondiale aurait l’avantage d’avoir plus de poids et permettrait de ne pas mettre un seul pays en conflit direct avec les Gafa et leur pays hôte.

L’espoir de réussir à taxer les géants du net est toujours là, mais celui qui y parviendra méritera son nom au panthéon de la justice fiscale.

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