Gérer la crise en mode ON/OFF, ça ne passe plus

Rédacteur en chef

Le Premier ministre juge "inacceptable" l'épisode du Bois de la Cambre à Bruxelles et il a raison. Mais il a tort de s'arrêter là.

Ça craque de partout. Face à la pandémie et aux privations de liberté qui s'éternisent, l'incompréhension rejoint la lassitude. Le dernier tour de vis sanitaire est d'autant plus mal passé qu'il n'a pas vraiment été expliqué. Sans doute parce qu'il répond moins à une logique sanitaire qu'à un marchandage politique, ce détestable "compromis à la belge". Résultat, l'adhésion baisse quand les frustrations montent.

Est-ce une raison pour envoyer des policiers à l'hôpital, comme cela s'est passé au Bois de la Cambre à Bruxelles? Certainement pas. Les forces de l'ordre sont là pour faire respecter l'ordre; ce n’est pas une lapalissade, c'est un fait manifestement bon à rappeler.

Ce vendredi, le Premier ministre a qualifié les faits d'"inacceptables" et il a raison. Alexander De Croo a exprimé son soutien aux policiers blessés et il a raison. Il a rappelé que les règles en vigueur étaient valables pour tout le monde et il a raison. Mais il a tort de s'arrêter là.

C'est trop court, Monsieur le Premier ministre. Ce n'est pas par la répression que vous retrouverez l'adhésion.

C'est trop court, Monsieur le Premier ministre. Si vous vous arrêtez là, si vous vous contentez de condamner sans entendre le ras-le-bol et la colère qui montent, vous jetez de l'huile sur le feu, vous augmentez la tension dans un pays déjà au bord de la crise de nerfs. Ce n'est pas par la répression que vous retrouverez l'adhésion.

C’est une affaire d’équilibre. Bien sûr, la pandémie est là. L’ennemi numéro un, celui qui nous contraint et nous prive, c’est bien le Covid-19. Pour le contrer, des mesures s’imposent et ce n’est pas parce qu’elles nous emm... qu’elles en deviennent contournables. La patience et la raison sont de mise, encore et toujours.

Par contre, est-il possible d'expliquer clairement pourquoi telle et telle mesures contraignantes sont prises? Pour rétablir le contact, il serait sans doute utile d'entendre ce besoin légitime de comprendre.

Dans la foulée, est-il possible de sortir de cette logique binaire (ON/OFF, on ouvre/on ferme) qui manifestement ne passe plus? On se dit qu'il est risqué de tout miser sur la seule vaccination, pierre angulaire de la politique actuelle en vue d'un retour à nos libertés perdues. Rien n'empêche d'être créatif pour redonner graduellement vie et espoir là où c’est possible, avec prudence, par exemple en misant sur les possibilités d'activités en extérieur. Éradiquer la pandémie au prix d'une dépression nationale, c'est dangereux.

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