Gesticulations catalanes

Journaliste

Carles Puigdemont, le Bruxellois

Au final, il ne s’agit-là que d’un épisode de plus. La N-VA, par la voix de son artificier en chef Theo Francken, laisse entendre que le Président déchu catalan pourrait bénéficier de l’asile en Belgique, à défaut d’un procès équitable en Espagne. L’opposition se déchaîne, crie au scandale. Et Charles Michel recadre mollement, priant Theo Francken de ne pas jeter de l’huile sur le feu.

Du déjà-vu. Quelque part, c’est un petit peu l’accord qui scelle la majorité fédérale. Les nationalistes flamands mettent leurs principales revendications communautaires au frigo et jouent le jeu fédéral le temps d’une législature. On peut dire ce que l’on veut, quelque part, la N-VA fait le job et ne piétine pas trop l’accord de gouvernement.

Carles Puigdemont est un citoyen européen comme un autre, libre de débarquer à Bruxelles si ça lui chante.

À côté de cela, elle garde sa liberté de manœuvre et les autres membres de l’équipage Michel sont bien tenus de supporter ses épisodiques, et parfois outrancières, saillies. Le plus gros parti de la coalition doit rassurer les franges les plus inquiètes de son (vaste) électorat. Il y en a une fois pour les nationalistes opiniâtres, une fois pour les déçus, belliqueux ou rabougris piqués au Vlaams Belang.

Alors, pour peu que l’on prenne un tantinet de recul, la dernière livraison de ce mécanisme bien rodé prête presque à sourire, pour une fois qu’une sortie de Monsieur Francken ne flirte pas avec l’odieux.

Cela étant, il faudrait tout de même faire gaffe. Parce que les états d’âme de la N-VA, aussi fofolle devant cette déclaration d’indépendance – qu’elle sait irréalisable en Belgique – qu’un jeune labrador devant une baballe, ne valent pas une crise diplomatique majeure avec l’Espagne, qui commence à prendre ombrage des sorties de Theo Francken.

Tout en gardant à l’esprit que, pour l’heure, tout ceci relève du registre de la gesticulation. Comme l’a rappelé le Premier, Carles Puigdemont est un citoyen européen comme un autre, libre de débarquer à Bruxelles si ça lui chante, quelles que soient ses motivations. Evidemment, le jour où le bonhomme est inculpé et sous le coup d’un mandat d’arrêt international, ce sera une autre affaire. N’en déplaise à son "ami" Bart De Wever.

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