Gros malaise dans les bureaux

Nathalie Bamps

Bpost aussi veut lutter contre l’absentéisme

Il y a deux fois plus d’absence pour maladie dans les grandes entreprises que dans les PME. C’est le spécialiste RH Acerta qui le dit. Un absentéisme qui ne cesse d’augmenter au fil des ans. Surtout pour les maladies de longue durée. Un peu moins pour les "petits" bobos.

Vu l’explosion des burn-outs, dépressions et problèmes cardiaques, on ne peut plus occulter le lien entre santé au travail et bien-être.

Mais voilà. Cette tendance inquiète de plus en plus. Que ce soit dans les entreprises, désorganisées par tous ces postes laissés vides. Que ce soit au niveau de l’autorité publique, qui voit les coûts de l’assurance-maladie exploser. Que ce soit chez les travailleurs: les présents sentent la charge de travail gonfler sur leurs épaules, les absents culpabilisent (souvent) de ne pas être là.

Bref, le malaise est total. Le constat n’est pas neuf. Depuis plusieurs années déjà, les spécialistes de tous bords cherchent des solutions. Car, vu l’explosion des burn-outs, dépressions et problèmes cardiaques (principales causes des absences), on ne peut plus occulter le lien entre santé au travail et bien-être.

Chez bpost, on pense avoir trouvé l’idée lumineuse. Lier les bonus des managers au bien-être de leur équipe. Bien-être mesuré par les absences. Au plus le travailleur est heureux, au plus le bonus de son boss sera gros.

Une idée qui a le mérite de montrer que les grandes entreprises se préoccupent du phénomène. Une idée à applaudir, donc? N’allons pas jusque-là. Car cette arme de lutte contre l’absentéisme pourrait très vite se retourner contre le malade lui-même. Trop de rhumes dans l’équipe, le manager voit son bonus fondre au soleil? L’envie de mettre la pression sur le travailleur pour qu’il vienne fissa remplir sa tâche, rhume ou pas, pourrait vite naître dans l’esprit de certains managers.

Bpost veut prendre le taureau par les cornes, très bien, mais l’entreprise se trompe aussi peut-être de cible. Car sa mesure vise l’absentéisme de courte durée, alors que ce sont les absences de plus d’un an qui explosent, qui font dérailler les services, et qui font exploser les budgets Inami… Une idée à creuser donc, mais surtout à améliorer.

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