Homéopathie, le prix d'un mensonge

L’homéopathie remise en question en France

Disons-le d’emblée: aucune étude scientifique n’a réussi à démontrer l’efficacité de l’homéopathie. Dans le monde scientifique, le débat est clos, et ce, depuis belle lurette. Il ne l’est pas dans nos sociétés.

La remise en question aussi légitime que spectaculaire en France repose donc l’épineuse question: doit-on encore rembourser ces produits homéopathiques, ne fût-ce qu’en partie?

Certaines sociétés ou homéopathes continuent à entourer leur profession d’une légitimité scientifique.

Deux positions s’opposent. La première, en faveur d’un maintien des remboursements, est la suivante: éliminer ces produits de la liste risquerait de pousser les patients vers une médicalisation accrue, là où ils n’en auraient pas besoin. Ces produits sont inoffensifs, voire naturels, pourquoi s’en priver? En outre, pour peu qu’ils puissent, dans certains cas, produire un effet placebo (soit la guérison d’un mal par le simple effet psychologique), autant en profiter.

Le revers de cette médaille est plus insidieux, voire dangereux. Certaines sociétés ou médecins actifs dans l’homéopathie continuent à entourer leur profession d’une légitimité scientifique. Rendez-vous sur certains sites spécialisés, et admirez leurs contorsions sémantiques permettant au législateur de ne pas les accuser de publicité mensongère. C’est inacceptable. Pire, ces sociétés poussent certains patients naïfs à postposer une visite médicale nécessaire, mettant peut-être leur vie en danger.

La Belgique a adopté une posture moins laxiste que la France. Le gouvernement n’automatise pas le remboursement de certains produits. Il a dressé une liste, et sur cette base exclusive, laisse le choix aux mutuelles, censées mieux connaître leurs affiliés. Libre à elles d’équilibrer leur budget en bon père de famille.

Cela n’empêche pas de poser la question de fond: doit-on continuer à soutenir un médicament qui n’en est pas un? À l’heure où, comme on le constate encore aujourd’hui, notre Sécurité sociale est dans une situation financière plus qu’étriquée, ce débat sur un mensonge éculé vaut qu’on l’importe chez nous aussi.

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