Il doit être possible de parler d’identité sans se déchirer

Rédacteur en chef

Comment vivre ensemble, a fortiori dans un pays mélangé comme le nôtre, si on passe son temps à chercher les différences et à les souligner?

Est-il possible, dans la Belgique d’aujourd’hui, de parler d’identité sans se déchirer? Est-il encore possible d’en débattre sans stress, sans verser dans l’émotion, le reproche, la caricature, le combat?

Il devient de plus en plus compliqué d’envisager la diversité comme une richesse. Comme si l’autre avait forcément tort. Comme si chacun n’avait pas sa part de vérité. Comme si le Juif, l’Arabe, le Turc, le Noir, le Blanc, la femme, l’homme, le Flamand, le francophone, l’hétéro, l’homo, le bi, le trans, le jeune, le vieux, le mauve et blanc, le rouche, le blauw en zwart (toi aussi, donne des exemples…) était, par nature, moindre.

Comment vivre ensemble, a fortiori dans un pays mélangé comme le nôtre, si on passe son temps à chercher les différences et à les souligner? Comment progresser si on s’entête à voir l’identité comme une donnée unique et figée à jamais?

Ce n’est pas parce que la question de l'identité est compliquée qu’il faut la laisser pourrir.

Loin de calmer les esprits, les réseaux sociaux bien souvent flattent l’esprit de clan, enterrent le sens de la mesure et ajoutent de la tension à la tension. Loin d'alléger l’atmosphère, le covid et son cortège de privations ont rétréci nos univers et nous ont éloignés les uns des autres. Ces circonstances aggravantes, auxquelles on peut ajouter les réflexes électoralistes et/ou communautaristes dans le chef de certains responsables politiques, n’aident pas à débattre sereinement.

Au lieu de débattre, on accuse le camp d’en face, sans même prendre le temps d’écouter ce qu’il a à dire. Ça fait plus de bruit, plus de vues, plus de réactions. C’est tellement plus rentable, à court terme, de s’énerver sur l’autre que de chercher l’équilibre et la nuance.

On ne dit pas ici que l’identité est une question simple. Au contraire, le sujet est aussi important que difficile. Car chacun l’aborde avec son histoire, ses références, ses valeurs, ses tripes. Mais ce n’est pas parce qu’une question est compliquée qu’il faut la laisser pourrir, sans réponse. Nier les difficultés grandissantes qu’il y a dans ce pays à faire société, c’est se rendre la vie de plus en plus difficile. Avec du calme, du respect et de l’envie, il doit pourtant y avoir moyen de trouver une solution, non?

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