Il fallait faire quelque chose

Donald Trump hausse le ton en Syrie

Lorsque Barack Obama a quitté la Maison- Blanche, tout le monde s’accordait sur un point: ses hésitations dans le dossier syrien avaient jeté une ombre sur sa présidence. Ce refus d’intervenir contre le régime syrien après qu’il a franchi la fameuse ligne rouge (qu’Obama avait lui-même fixée) en lançant une attaque chimique contre sa population, avait été perçu comme de la faiblesse par les uns, du cynisme politique par les autres. Fondées ou non, les hésitations d’Obama avaient donné l’image d’une Amérique à bout de souffle sur la scène internationale. Et permis à Moscou d’occuper le champ laissé libre. Ce qui avait donné une bouffée d’oxygène au régime Assad à un moment critique.

Quoi que l’on pense de Trump, sa décision a eu le mérite de secouer les choses restées trop longtemps statiques.

Donald Trump s’est clairement démarqué de son prédécesseur en réagissant fermement à cette nouvelle attaque chimique imputée au régime syrien. Le fait qu’il ait soufflé le chaud et le froid sur le sort du président syrien Bachar el-Assad, n’a plus vraiment d’importance. Ni qu’en 2013 il avait appelé Obama à ne pas frapper le régime syrien, mais à se concentrer plutôt sur les problèmes des Etats-Unis. Cette fois, les dés sont jetés. Plus de retour en arrière possible. C’est une nouvelle partie qui vient de commencer dans l’épineux dossier syrien et c’est ça qui compte.

Quoi que l’on pense de Trump, sa décision a eu le mérite de secouer les choses restées trop longtemps statiques alors que le peuple syrien meurt à petit feu. La complexité du dossier n’excuse pas l’inaction de la communauté internationale face au régime Assad. La peur, fondée, de voir le conflit déboucher sur d’autres guerres, à une échelle bien plus large, non plus. On voit d’ailleurs qu’à laisser pourrir la situation en Syrie, nos dirigeants ont bien involontairement contribué à créer des bombes à retardement qui sont en train de nous exploser à la figure.

Il est trop tôt pour dire quelles seront les conséquences des frappes US. Mais il était temps de faire quelque chose. Et c’est ce qu’a fait Trump, quelles qu’aient été ses motivations.

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