Il faudra des réponses, toutes les réponses

Rédacteur en chef adjoint

Les autorités wallonnes ont levé le voile sur les différentes phases d’alerte qui ont précédé les inondations mortelles de la semaine dernière. Un geste de transparence qui ne suffit pas. Seule une évaluation complète des prises de décisions pourra nous protéger à l’avenir.

Une tragédie, ce n’est pas qu’un décompte de morts. C’est aussi une histoire avec un début et une fin, avec des personnages, des décisions, des actions. C’est une mise en situation qui, après le cheminement de petits événements enfilés les uns aux autres, mène à l’issue fatale. Aujourd’hui, dans le récit des inondations meurtrières en Wallonie, ce prologue, ce cheminement, ces décisions, qui ont permis au pire d’advenir, ne commencent à révéler qu’une partie de leurs aspects.

Alertes ignorées? Des derniers documents livrés vendredi par les autorités, il semble que les signaux rouges aient percolé jusqu’au terrain. Dont acte. Décisions erratiques? En aval, les choses sont moins claires. Certaines communes ont décidé d’initiative l’évacuation de leur population, d’autres non. Il aura aussi fallu lâcher (trop?) les eaux du barrage d’Eupen. Deux moments critiques qu’il faudra évaluer à la lumière de leurs conséquences directes sur le terrain.

Cette évaluation, il faudra la mener sur toute la séquence des événements. Car au bout du compte, au climax de cette tragédie, ce sont des morts que l'on déplore.

Mais ce ne sera pas assez. Cette évaluation, il faudra la mener sur toute la séquence des événements. Car au bout du compte, au climax de cette tragédie, ce sont des morts que l'on déplore.

Cette évaluation est indispensable, pour les victimes, d’abord. Elles ont le droit de savoir, de comprendre ce qui leur est arrivé, pourquoi cela leur est arrivé. On ne pourrait concevoir de laisser sans explications les familles endeuillées, celles sans toit pour les abriter, celles dont la vie a basculé.

Ce travail de reconstitution est aussi indispensable pour identifier les responsabilités. Non pour clouer l’un ou l’autre au pilori, comme le voudrait une extrême droite flamande prête à en découdre: aujourd’hui nous avons besoin de tout sauf d’une chasse aux sorcières politique. Des bribes d’informations que nous avons pu obtenir, il apparaît d’ailleurs que c’est davantage la succession de mauvaises décisions (ou non-décisions) qui a mené à la catastrophe. Sans compter le caractère tout à fait exceptionnel des événements auxquels, sans conteste, nous n’étions pas préparés.

La gestion du risque climatique est une science que nous croyions réservée aux pays exotiques, loin de chez nous. Nous avons appris avec brutalité que ce n’est plus le cas.

C’est justement cette "première" historique qui doit nous pousser aujourd’hui à l’introspection. Pour tirer le meilleur de nos malheurs. Pour que la reconstruction de nos maisons et de nos infrastructures se fasse de manière optimale, adaptée aux leçons que nous en tirerons. Pour que nous puissions affronter avec sérénité les prochaines déflagrations météorologiques qui, on le sait, seront plus fréquentes à l'avenir.

La gestion du risque climatique est une science que nous croyions réservée aux pays exotiques, loin de chez nous. Nous avons appris avec brutalité que ce n’est plus le cas. Alors prenons la mesure de ce nouveau défi et apprenons de cette tragédie.

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