Il faut oser dire non à Google

Un data center de Google à Farciennes

Peut-on refuser un investissement de Google en Wallonie? Cette question anodine qui semble ne pouvoir accepter qu’une réponse négative mériterait pourtant qu’on tourne sept fois la langue dans la bouche avant d’y répondre. Pourquoi? Même s’il est probable que la ville de Saint-Ghislain soit devenue plus attractive dans l’imaginaire collectif depuis qu’elle abrite un data center de l’entreprise qui détient le moteur de recherche le plus connu en Wallonie de Hensies à Aubel en passant par Gouvy, plusieurs éléments plaident pour une réponse négative.

D’abord et alors que Greta Thunberg débarque ce jeudi matin à Bruxelles pour marcher avec les jeunes belges pour le climat et sans tomber dans le syndrome Nimby, les data centers sont très énergivores. On évoque une consommation équivalente à celle d’une ville de 50.000 habitants pour un data center de 10.000 m2.

Le ratio superficie occupée / nombre d’emplois créés est très faible

Ensuite, le ratio superficie occupée/nombre d’emplois créés est très faible. Au point qu’un tel ratio ferait fuir n’importe quel investisseur. Evidemment, au-delà des emplois directs, il y a les emplois indirects. Ainsi pour le site de Saint-Ghislain, lors de son extension en février dernier, Google n’a pas hésité à mettre en avant le chiffre de 1.350 emplois directs et indirects créés sur dix ans. Dans les services évidemment et dans le secteur de la construction. Mais quand on voit ce qui s’est passé sur le chantier à Saint Ghislain (plus de 300 travailleurs illégaux), on a du mal à savoir si on doit mettre cet argument dans la colonne du plus ou du moins.

A propos de colonnes, dans celles-ci, nous n’hésitons jamais à mettre en avant les atouts de la Wallonie et de ses entrepreneurs. Son tissu de PME irrigue son économie. Tous les observateurs avisés considèrent d’ailleurs que la Wallonie peut regarder l’avenir avec davantage d’optimisme. Grâce à son espace disponible et prochainement disponible. Ainsi, plus de 2.000 friches industrielles représentant près de 4.000 hectares sont par exemple "mobilisables".

Le redressement de la Wallonie passe par la création d’emploi. Et donc aussi par une mobilisation optimale de son territoire. De quoi oser dire non à Google?

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