Il manque un cap à ce pays

©Aude Vanlathem

Vingt patrons interpellent les politiques

Il y a trois sortes de dirigeants d’entreprise. Il y a ceux qui se taisent dans toutes les langues. "Pour vivre heureux, vivons cachés." Il y a ceux qui communiquent sur leur entreprise mais ne s’aventurent pas au-delà. "Je ne fais pas de politique."

Et puis il y a ceux, rares, qui lèvent le nez de leurs plans stratégiques, regardent par la fenêtre, font le lien entre leur business et le monde qui les entoure et osent en parler.

Dans une carte blanche publiée dans L’Echo et De Tijd, une vingtaine de patrons, figures entrepreneuriales du Nord et du Sud du pays, sortent du silence et montent au créneau. Accompagnés de quelques personnalités issues d’autres univers (universitaire, culturel), ces capitaines d’industrie interpellent les partis politiques, à la veille du triple scrutin de ce 26 mai. Que veulent-ils?

Ils demandent d’en finir avec le court terme. Ils demandent une "vision positive du futur". Des objectifs clairs pour ce pays, des plans d’action précis. Du long terme.

Ce pays n’a pas d’ambition mais il n’y a pas de fatalité.

Le long terme. Prononcez ces deux mots et les yeux se lèvent au plafond. C’est devenu synonyme de secondaire, voire superflu. Presque un gros mot. Vous croyez vraiment qu’on a le temps de penser à 10 ans? L’urgent, tellement plus sexy, a ringardisé le long terme.

Le rythme politique et l’empilement des niveaux de pouvoir bouchent l’horizon. Jusqu’à l’immobilisme, disent ces dirigeants, qu’on ne rangera pas parmi les doux rêveurs. Ils soulignent que, sur des thèmes aussi essentiels que l’immigration, la mobilité, l’énergie, le vieillissement ou encore la transition digitale, ce pays ne sait pas trop où il va. Ni où il veut aller. Pas de vision, donc pas de cap. Chacun le ressent à son niveau, s’en plaint plus ou moins ouvertement. La frustration grandit.

Stop. Changeons de logiciel. On n’est pas obligé de subir les événements. On n’est pas obligé de bricoler à la petite semaine. Il existe une autre voie, qui s’appelle ambition et qui demande du courage politique.

Inutile de chercher ici un quelconque refrain belgicain, ce n’est pas le sujet. Acceptons que, sur une série d’enjeux de premier plan, il soit nécessaire de s’entendre, de convenir d’objectifs à réaliser sur plusieurs mandatures. Et de s’y tenir.

Ce pays n’a pas d’ambition mais il n’y a pas de fatalité. Il n’est pas interdit de prendre son destin en mains, c’est au contraire vivement conseillé. Il faut juste… le décider. Vouloir!

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect

Messages sponsorisés

n