Il y a plus essentiel que le salaire du patron

Dominique Leroy quitte Proximus pour KPN.

À défaut de rentrée politique, c’est le business qui a sonné la fin des vacances. Et cela a secoué. KBC a attendu que ses collaborateurs déposent leurs enfants à l’école pour leur annoncer la suppression de 1.400 emplois (un sur dix) en trois ans. Le lendemain, Proximus annonçait le départ de Dominique Leroy, qui s’en va diriger KPN aux Pays-Bas. Y a-t-il un lien entre ces événements? Techniquement, non. Fondamentalement, oui: le changement. Les entreprises se transforment, les individus évoluent.

Face au changement, il y a deux attitudes possibles. On peut le regretter, bloquer sur les pertes d’emplois ou le départ à l’étranger d’une capitaine d’industrie. À l’inverse, on peut accepter le changement. On peut même y voir du bon.

La banque a compris que le numérique modifiait en profondeur son métier, du coup elle revoit son fonctionnement et ses effectifs en conséquence. Sans licencier (elle remplacera moins de départs), c’est tout sauf un détail.

Si le raisonnement politique se borne à ‘qui accepte le job pour 650.000 euros?’, c’est mal parti.

Quant à Dominique Leroy, elle aura consacré six ans à relancer l’ex-Belgacom, à transformer cette maison qui en avait grandement besoin. C’est bien. Le job n’est pas terminé, elle aurait pu le poursuivre mais, elle va maintenant tenter une expérience internationale, ce qui faisait partie de ses objectifs dans la vie. C’est bien aussi.

Certains ne retiendront sans doute qu’une chose de son transfert: l’argent. Oui, elle va gagner plus au passage, mais il serait trop simple de se limiter à cet élément. Ce serait manquer le fond de l’histoire. Le vrai sujet ici, c’est le besoin d’évoluer.

C’est pourquoi on invite le pouvoir politique (quand il voudra bien prendre ses responsabilités) à… changer son rapport aux entreprises qu’il contrôle. S’il veut vraiment les accompagner dans leur transformation, il est par exemple bien plus important de choisir des hommes et des femmes capables de mener ce changement que de se braquer sur un plafond salarial. Si le raisonnement politique se borne à ‘qui accepte le job pour 650.000 euros?’, c’est mal parti. C’est prendre le problème à l’envers.

Notre dossier sur la démission de Dominique Leroy

La patronne de Proximus a créé la surprise en annonçant sa démission. Qui est réellement cette femme d'affaires qui avait repris les rênes de l'opérateur télécom en 2014? Qui pour lui succéder? Pourquoi un tel choix? L'Echo décortique les tenants et aboutissants de son départ.

Quels défis attendent Dominique Leroy chez KPN?

• PORTRAIT | Dominique Leroy, le souci de l'image

• INTERVIEW | "Face à l'opportunité KPN, rien ne pouvait me faire rester" (Dominique Leroy) 

• EDITO | Pas de CEO au rabais

Qui sera le nouveau CEO de Proximus?

• INTERVIEW | "La rémunération de notre CEO n'a pas les mêmes limites qu'en Belgique" (Duco Sickinghe, président de KPN)

• Proximus perd près d'un quart de milliard en bourse après l'annonce du départ de Leroy


Lire également

Echo Connect