Information royale : c'est le temps du temps long

Mathieu Colleyn

Le nouveau Fédéral est toujours dans l’impasse.

Ne pas donner naissance à un sentiment d’échec. Reporter de quelques semaines supplémentaires le déclenchement éventuel d’une crise politique qui n’augurerait qu’aventure et incertitude. Il est sans doute là le sens de la prolongation de la mission d’information autorisée par le Roi pour la troisième fois ce lundi. Informateurs depuis le 30 mai, Didier Reynders et Johan Vande Lanotte ont désormais jusqu’au 29 juillet pour rendre une note, c’est la nouveauté, qui "pourra servir de point de départ pour de futures discussions de préformation" du gouvernement fédéral. Voilà qui n’annonce pas un dénouement rapide même si la notion de "préformation" peut révéler une certaine forme d’optimisme. Le premier message des deux informateurs était pourtant teinté d’urgence, notamment dans l’idée de jeter un budget 2019 crédible sur les rails.

Bart De Wever soumet la Flandre à un niveau de pouvoir qu’il souhaite défaire.

On en est encore loin mais à la décharge des deux hommes, l’été ne fait que commencer et les échéances budgétaires sont automnales. Cette nouvelle mission montre en tout cas que l’objectif premier du tandem royal, rapprocher les deux partis les plus importants, n’est pas atteignable aujourd’hui. Le PS ne souhaite toujours pas dialoguer avec une N-VA qui ne se départit pas de son objectif confédéral qu’elle est pourtant seule à défendre. Bref, le nouveau Fédéral est toujours dans l’impasse. Dans les Régions, à l’exception de Bruxelles, le ciel ne s’éclaircit pas plus. En Wallonie, PS et Ecolo continuent de s’obstiner dans une formule qui n’a que peu de chance de trouver une majorité parlementaire. Au nord, c’est la surprise du jour: la N-VA attendra d’y voir clair au Fédéral pour lancer la formation du gouvernement flamand.

Bart De Wever qui soumet la Flandre au niveau de pouvoir qu’il souhaite défaire, voilà qui ne manque pas d’originalité. En liant ainsi les élections et les niveaux de pouvoir, il cache peut-être la crainte d’être contourné une fois qu’en Flandre, les esprits seront prêts à accepter une minorisation dans le groupe linguistique flamand à la Chambre.

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