Inquiétant, ce coup de frein ?

Aux quatre coins du monde, des économistes en blouse blanche pointent leurs stéthoscopes inquiets vers la Chine. Avis de tempête? 

Aux quatre coins du monde, des économistes en blouse blanche pointent leurs stéthoscopes inquiets vers la Chine. Avis de tempête? Les indicateurs publiés par Pékin ces deux derniers jours soufflent tous la même rumeur: la troisième économie du monde (ou la deuxième, on ne sait pas trop) marque le pas. La production industrielle de l’usine du monde a crû moins vite le mois dernier qu’en juin. Les ventes au détail de juillet ont moins augmenté que prévu. Et les Chinois ont importé moins qu’attendu. Est-ce grave, docteur? 

On vous répondra dans un froncement de sourcils que c’est le signe que Pékin fait du surplace: le Parti dit vouloir rééquilibrer l’économie chinoise en compensant les exportations par la consommation domestique; les économistes observent l’inverse.

Mais s’en tenir à ce diagnostic, ce serait oublier que, sans perdre des yeux ses objectifs à long terme, le gouvernement chinois s’affaire au plus urgent. Après avoir lancé quelques bonnes pelletées de charbon dans la locomotive (un plan de relance de 400 milliards d’euros), les autorités tirent depuis le début de l’année le levier de relâchement de vapeur pour éviter un déraillement. 

Quoi de plus prévisible dès lors que la machine ralentisse? C’est ce que cherche Pékin et c’est plutôt sain. Comme le disait récemment le CEO de Rio Tinto, une croissance chinoise de 8 % à 9 % serait plus durable et moins susceptible de porter des bulles.

Plus que le ralentissement, la question que posent les statistiques chinoises est celle de la "déglobalisation". L’économiste Patrick Artus la définit comme la substitution, dans les pays émergents, de la production intérieure aux importations. Si la Chine importe moins, comme le montrent les derniers chiffres, c’est peut-être aussi le signe qu’elle a de moins en moins besoin des pays de l’OCDE pour répondre à sa propre demande. Plus que le ralentissement de la croissance, c’est cela qui serait une mauvaise nouvelle pour les Européens.

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