Insulte, ou indépendance?

Marie-Hélène Ska critique le PS

Ce week-end, on a donc appris qu’une syndicaliste (Marie-Hélène Ska en l’occurrence) n’a pas le droit de critiquer un parti politique. Car elle risque "d’insulter" les militants (CSC dans le cas présent), qui votent PS. Et donc, le président du PS Elio Di Rupo a appelé cette syndicaliste en question (la numéro 2 de la CSC quand même…) à se ressaisir.

Pourquoi, donc, une leader syndicale n’aurait-elle pas le droit de critiquer l’action d’un parti?

Et nous, assistant à ce recadrage en règle, de nous interroger…

L’indépendance syndicale est censée exister en Belgique. Pourquoi, donc, une leader syndicale n’aurait-elle pas le droit de critiquer l’action d’un parti? C’est, nous semble-t-il, l’essence même et la raison d’être d’un contre-pouvoir.

Oui, Marie-Hélène Ska affirme haut et fort (dans "Le Soir" de ce week-end) qu’elle ne pourrait pas être socialiste. Mais qui a cru, un jour, que cette leader syndicale, estampillée CSC (un syndicat historiquement proche des milieux sociaux-chrétiens), et qui a beaucoup navigué dans des eaux proches d’Ecolo, roulait pour le PS? Marie-Hélène Ska, qui nous a toujours habitués à beaucoup de réserve et de prudence dans ses propos, s’est, comme on dit dans la profession, "lâchée".

Pas de bol, contre le plus grand parti francophone, et le parti proche de son collègue de front commun, Marc Goblet (FGTB) (qu’elle égratigne aussi, sur un autre plan). Ce dernier – qui rappelle régulièrement l’importance de l’indépendance syndicale –, a admis qu’elle avait le droit "d’avoir ses convictions". Mais dit aussi "attention, on est toujours amené à parler avec tout le monde". Cherchait-il à voler au secours du PS? Plutôt du front commun syndical sans doute (le PS n’a sûrement pas besoin d’aide pour se défendre).

En cela, Marc Goblet a raison. Le front commun doit se maintenir, ne serait-ce que pour une question de stabilité. Des accords à moitié signés, des négociations où les portes claquent, des accords qui traînent ne servent pas l’économie. Une concertation sociale bien huilée, si. Et que ça roule, c’est de cela qu’à besoin le pays. Pas de disputes stériles.

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