La N-VA envoie le premier zwarte piet de la partie au PS

Mathieu Colleyn

Formations gouvernementales

Panade et bricolage à tous les étages. On a une certaine habitude de cette phase de décantation qui suit les élections. Mais celle-ci donne lieu à de singulières expériences. Au Nord, l’extrême droite se taille une belle place comme interlocuteur tout ce qu’il y a de fréquentable. Inédit. Au Sud, on tente de s’affranchir d’une tradition bien ancrée: gouverner sur base d’une majorité parlementaire. Inédit.

La N-VA envoie le premier zwarte piet de la partie au PS.

Ce qui l’est moins – inédit – c’est le néant politique du niveau fédéral. Le PS a sorti sa première carte: un refus clair et net d’engager toute discussion, même du bout des lèvres, avec la N-VA. Cette dernière n’a pas attendu longtemps avant de lui envoyer le premier valet puant de la partie, pour lui laisser le rôle de celui qui refuse d’adopter une attitude constructive. Un zwarte piet suivi par des procès en irresponsabilité, surtout en Flandre. Quitte à oublier que le veto du PS est, depuis la campagne électorale, le miroir de celui de la N-VA qui n’entend négocier que le confédéralisme avec les socialistes. Le point commun à toutes ces postures? Elles cachent très mal des intérêts très partisans. À la N-VA, c’est clair, on doit limiter l’hémorragie d’électeurs s’écoulant vers l’extrême droite.

Au PS, l’échec électoral se fait casse-tête dont l’enjeu est de braquer à gauche toute afin de ne pas être davantage affaibli au prochain scrutin. Même volonté chez Ecolo, toujours hostile à toute collaboration avec les libéraux. On passera brièvement sur le PTB qui joue la carte proportionnelle mais ne semble vouloir gouverner qu’avec la majorité absolue ou le cdH qui, par peur de disparaître, devient subitement allergique au pouvoir. C’est compréhensible, aucun parti n’a vocation à se suicider, mais rappelons que les indépendantistes flamands sont très proches d’une majorité dans leur groupe linguistique à la Chambre. Le climat risque donc de se faire plus communautaire que jamais. Un constat qui devrait pousser les partis francophones à se montrer un peu plus réalistes, affronter quelques clivages, se mettre en ordre de marche et faire face à des lendemains qui ne chantent pas forcément.

→ Pour lire tous les contenus de L'Echo liés aux élections régionales, fédérales et européennes: rendez-vous dans notre dossier

Lire également

Echo Connect