Internet haut débit: coup de shaker... et pschitt?

François Bailly

Coup de boost à la concurrence sur le haut débit

Dix ans. Dix ans que le marché belge de l’internet haut débit attendait ce coup de shaker. Dans un tel secteur, c’est digne d’un RER. Alors, saluons le courage du régulateur belge des télécoms. Enfin, les rails sont tirés. Le dossier est technique, mais en revoyant en profondeur la manière dont sont fixés les prix de gros (ce que paie un opérateur alternatif pour diffuser ses services sur les réseaux de Telenet et VOO), l’IBPT vient d’enfin offrir la chance à Orange de casser les prix sur les services fixes: le téléphone, la télé et l’internet haut débit. Deux chiffres. Ces dernières années, les câblos (Telenet et VOO, donc) et Proximus ont profité de leurs réseaux et de leur duopole pour nous coincer dans des packs dont le prix moyen dépasse les 50 euros.

Orange lorgne VOO. Si le deal se fait, la nouvelle régulation sera arrivée trop tard pour briser le duopole télécom.

Demain, grâce au nouveau cadre régulatoire, Orange devrait être capable d’offrir ce fameux internet haut débit dès 13 euros, estiment les experts. Un must à l’heure où la ligne fixe qu’on nous vend est devenue obsolète et que de plus en plus de monde remplace la télé linéaire par du streaming. Sauf que depuis 2009, quand le constat a été dressé – "il faut plus de concurrence" –, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Base – qui avait tenté l’aventure triple play et s’est planté – s’est fait racheter par Telenet. Numericable aussi. Scarlet s’est fait racheter par Proximus. Seul Orange reste en 2019 capable de mettre à profit ce coup de shaker tant attendu. Et donc de secouer le marché. Orange, qui a tellement attendu que ses dirigeants lorgnent aujourd’hui les activités de VOO dans le cadre d’un détricotage de Nethys encore appuyé dans la note politique rédigée par le PS et Ecolo, chapitre gouvernance. Et? S’ils l’emportent – les chances existent –, ce coup de shaker régulatoire sera arrivé trop tard. Il ne servira à rien.

Il restera sur l’échiquier télécom belge "Proximus vs Telenet" au nord et "Proximus vs Orange/VOO" au sud. Chacun avec son réseau. Sans autre alternative… sauf à voir Telenet attaquer Orange/VOO en Wallonie et, vice versa, Orange/VOO s’attaquer à Telenet en terres flamandes. Cela signifierait, pour l’un et l’autre, casser nationalement les prix et plomber ses propres marges. Illusoire.

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