Inversion des rôles

Le risque politique a remplacé l’aléa économique

Neuf ans après l’implosion de 2008, la reprise économique semble enfin installer ses quartiers en Europe. Tous les indicateurs de confiance sont au vert, de sorte qu’on peut raisonnablement tabler sur une croissance de 1,8% pour la zone euro en 2017. Une situation qui contraste avec l’économie américaine qui montre de sérieux signes d’essoufflement. Certains y voient d’ores et déjà un premier effet des nombreuses promesses non tenues du président Trump.

Le principal grain de sable qui pourrait venir gripper la mécanique de la reprise en Europe, c’est l’aléa politique: des scrutins électoraux pollués par des discours populistes, une crise migratoire qui couve toujours dangereusement, un divorce avec le Royaume-Uni qui demeure une parfaite bouteille à encre.

En 2008, c’est le politique qui offrait stabilité et protection face à un environnement économique volatil.

La situation actuelle contraste avec celle qui prévalait en 2008 où c’était le politique qui offrait stabilité et protection face à un environnement économique volatil. Sans le filet de sécurité offert par les fameux stabilisateurs automatiques (aides sociales et déficit budgétaire), les peuples d’Europe auraient sombré dans une misère comparable à celle des années 30. Aujourd’hui, les rôles sont radicalement inversés. L’économie a renoué avec la spirale vertueuse et c’est le politique qui semble être devenu l’élément incontrôlable. Comprenons-nous bien: les élections restent des super moments de démocratie, mais il faut bien admettre que dans le contexte actuel, ces scrutins sont des facteurs de risque majeurs pour l’économie.

Encore faut-il également nuancer l’image d’une économie redevenue robuste et stable. Les taux de chômage dans la zone euro restent très disparates, avec 3,9% en Allemagne, 10% en France et 18% en Espagne. Sans parler des Grecs, toujours écrasés par l’austérité. Ce qui montre que l’embellie économique ne profite pas aux pays de manière uniforme. C’est à ces divergences économiques qu’il faut s’attaquer si on veut faire reculer durablement le populisme en Europe.

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