Jusqu'où ira la 7e compagnie?

Martin Buxant

Les déboires du gouvernement fédéral.

J’ai glissé, chef. On ne fera pas injure à votre mémoire de cinéphile mais la réplique de Jean Lefebvre est particulièrement d’actualité ces derniers jours rue de la Loi avec les bévues – à des degrés plus ou moins importants – commises par les ministres francophones – donc libéraux – de ce gouvernement fédéral.

On ne va pas s’étendre, une nouvelle fois, sur le détail des bourdes enchaînées par Jacqueline Galant (Mobilité), Marie-Christine Marghem (Energie), voire dans une moindre mesure par Sophie Wilmès (Budget), mais plutôt sur le sentiment de fragilité que donne le versant francophone de ce gouvernement après pareille semaine.

Combien de temps va-t-on encore rester dans le registre du film tragicomique? On veut de l’ambition et du solide.

Il est quand même remarquable que les libéraux n’aient pas pensé à densifier davantage leur équipe ministérielle. Certes, les piliers Reynders et Borsus sont facteurs de stabilité. Mais l’un a la tête à l’étranger – et ne comptez pas sur Reynders pour défendre une Galant ou une Marghem. Et l’autre (Borsus) ne compte finalement qu’à la marge à côté des compétences mammouths (Budget, Energie, Mobilité) des trois dames bleues de l’exécutif. Alors, quand on part à la chasse, on s’avise d’être muni des meilleurs fusils. D’autant plus que chacun savait que la partie de chasse serait terriblement difficile. Seule formation francophone noyée au milieu d’une opposition déchaînée, le MR savait à quoi s’en tenir. "On savait que ce serait très dur et ça se confirme", confie d’ailleurs volontiers aujourd’hui Denis Ducarme, lui qui fait office de pompier pour la majorité chaque semaine au Parlement, courant éteindre les incendies les uns après les autres.

Pour rester dans l’analogie cinématographique, les pop-corns sont sortis et le pays entier attend de voir où et quand une tête bleue va rouler.

Et c’est triste. Et ça masque les efforts positifs déjà entrepris notamment avec le tax shift.

Car il reste du boulot – entre autres au niveau fiscal – pour ramener ce pays sur le chemin de l’enthousiasme et du dynamisme.

Quand on voit les charges qui plombent, encore et toujours, ceux qui travaillent, salariés et indépendants, qui chaque jour doivent courber l’échine, ramer et encore ramer.

Quand on voit les tracasseries administratives et le règne de la paperasse qui vient encore parasiter le développement des petites et moyennes entreprises.

Quand on voit la faible ambition de ce pays – Régions et Fédéral – pour l’environnement et les énergies renouvelables. De disputes de bas étage entre entités alors que nos enfants et petits-enfants suffoqueront dans la pollution.

Alors, va-t-on encore rester dans le registre du film tragicomique? C’est l’entracte, le scénariste et directeur de casting, le Premier ministre Michel, peut donner une autre direction plus ambitieuse que celle-là au film. On veut un film qui restera dans les annales. Moteur.

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