Kim Jong-un sait à quoi s'en tenir

Trump sort de l’accord nucléaire iranien

Donald Trump a de nouveau mis ses menaces à exécution, cette fois sur l’accord nucléaire iranien. Il ne s’est pas contenté de réinstaurer certaines sanctions. Ce qui revenait déjà à sérieusement affaiblir cet accord ultra-calibré que les hauts diplomates des membres permanents du Conseil de sécurité et allemands avaient mis quasi deux ans à négocier avec leurs homologues iraniens. C’est l’ensemble de l’accord que le Président américain a jeté aux orties.

Trump est un homme de parole… quand ça l’arrange.

Accusant une nouvelle fois le régime iranien de tricher sur toute la ligne (alors que l’Agence internationale de l’énergie atomique a dit et répété que l’Iran respectait l’accord), il a annoncé la reprise immédiate de toutes les sanctions US contre Téhéran. Des sanctions qui frapperont de plein fouet les entreprises étrangères faisant des affaires en Iran. Enfin celles qui n’avaient pas été découragées par l’incertitude qu’a fait peser Trump sur cet accord depuis sa campagne présidentielle de 2016…

Les Européens se sont en tout cas pris une belle gifle après avoir mis de l’eau dans leur vin en affirmant ces dernières semaines qu’il fallait "améliorer" l’accord alors qu’ils l’avaient si longtemps défendu bec et ongles. Tout ça dans l’espoir de convaincre Trump de ne pas claquer la porte, comme il l’avait fait avec l’accord de Paris sur le climat. Mais Trump est un homme de parole… quand ça l’arrange. Il l’a prouvé: les promesses qu’il a faites à sa base électorale, il les tient. Surtout s’il s’agit de détricoter l’héritage de son prédécesseur, Barack Obama, qui a d’ailleurs qualifié hier sa décision de "grave erreur".

Que va-t-il se passer maintenant? Paris, Berlin et Londres ont annoncé qu’ils continueraient à respecter l’accord tout en s’engageant à en élargir le cadre. Et Trump s’est dit ouvert à la discussion à condition de trouver des solutions "durables" permettant de s’attaquer aux menaces que représente l’Iran. On se demande, dès lors, pourquoi il a fermé la porte aux propositions qui lui avaient été faites dans ce sens par le président français Emmanuel Macron. Mais il s’agit sans doute d’un "détail". Ce qui n’en sera pas un, c’est la réaction de Téhéran. Mardi soir, le président Rohani a annoncé que l’Iran resterait dans l’accord, isolant ainsi Washington. Mais ne fermant aucune porte, il a ajouté que son pays pourrait reprendre ses activités d’enrichissement d’uranium "sans limite".

À plusieurs milliers de kilomètres de là, il en est un qui n’aura pas perdu une miette de ce qu’a dit Trump. C’est Kim Jong-un, le dirigeant nord-coréen qui est censé discuter avec lui d’un éventuel accord nucléaire dans quelques semaines. Soit il aura compris qu’il a tout intérêt à se plier aux exigences du Président américain s’il veut obtenir quoique ce soit de Washington. Soit il sera d’autant plus méfiant vis-à-vis des Etats-Unis, un pays où les Présidents peuvent détricoter les accords signés par leurs prédécesseurs même si la partie adverse en respecte les termes…

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