L'Allemagne lui a donné raison

Vu l’ampleur de sa victoire, Angela Merkel va pouvoir continuer à avancer dans la ligne qu’elle s’est tracée, et continuer à mettre en place des politiques que l’on prenait pour de simples promesses électorales. 

Franchement, pourquoi changerait-elle? Après tout, les Allemands lui ont donné raison… Réélue sur du velours, Angela Merkel ne devrait pas modifier grand-chose à sa politique. Les observateurs l’attendaient pourtant au tournant, prédisant que la chancelière serait bien obligée, une fois sortie de campagne électorale, de parler un langage et de prendre des décisions moins formatés pour plaire à l’électeur allemand, sur le plan européen notamment. Mais vu l’ampleur de sa victoire, elle va pouvoir continuer à avancer dans la ligne qu’elle s’est tracée, et continuer à mettre en place des politiques que l’on prenait pour de simples promesses électorales. Et cela, même s’il s’agit de sa victoire personnelle davantage que celle de son parti, et même si ses adversaires se sont sabordés tous seuls comme des grands. L’entrée dans la coalition des sociaux-démocrates du SPD pourrait-elle changer la donne? Pas vraiment, en réalité. Tout au plus pourrait-on voir un peu plus de flexibilité dans l’échéancier européen, un compromis plus souple sur l’Union bancaire. Car le SPD n’a jamais été particulièrement en pointe sur la politique de l’Allemagne à l’égard de ses partenaires de la zone euro. 

En revanche, si l’on parle de questions germano-allemandes, une coalition entre centre-droite et centre-gauche pourrait avoir davantage de divergences de vues, notamment sur la question du salaire minimum, un des thèmes qui a animé la campagne électorale. Si elle veut éviter de voir se développer la grogne sociale dans le pays (plus de 7 millions d’Allemands gagnent moins de 8,50 euros de l’heure), Angela Merkel devra jeter du lest et instaurer un salaire minimum. 

Durant toute la période préélectorale (et elle a été très longue), la chancelière allemande n’a parlé qu’à son électorat, n’a flatté que lui, n’a abordé que les thèmes qui l’intéressaient. Cela démontre une fois de plus qu’aujourd’hui les dirigeants des États de l’Union européenne ont pour première préoccupation de conforter leur pouvoir au sein des institutions de leur propre pays, bien plus que de contribuer à renforcer la réalité européenne.

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