L'Amérique qui gagne

Marc Lambrechts

Wall Street est en passe d’établir un nouveau record ce mercredi: celui du marché haussier le plus long de son histoire.

Donald Trump devient-il soudainement nerveux? Ses critiques à l’encontre du président de la Réserve fédérale (Fed), Jerome Powell, interviennent alors que Wall Street va afficher ce mercredi le plus long marché haussier de son histoire: 3.453 jours sans une correction de 20% de l’indice Standard and Poor’s 500, un indice boursier qui a aussi renoué hier avec ses plus hauts historiques.

L’Europe boursière ne parvient décidément pas à combler son retard face à Wall Street.

Le locataire de la Maison-Blanche craint-il que la Banque centrale ne vienne perturber la fête en remontant encore ses taux d’intérêt? Redoute-t-il l’impact d’un dollar trop fort? C’est fort possible.

Ce qui est probable, c’est que l’égocentrique président américain s’attribuera les mérites de ces records à Wall Street. Certes, il a donné un sérieux coup de pouce à la Bourse via ses mesures fiscales de relance, mais l’essentiel des mérites au cours de ces neuf ans et demi de hausse revient aux valeurs technologiques (les Gafa) et à la politique monétaire très souple de la Federal Reserve dans le sillage de la grande crise de 2007-2008. Une crise qui avait vu la Bourse américaine chuter de plus de 55%.

Depuis le niveau le plus bas touché le 9 mars 2009, l’indice S&P 500 a rebondi de 320%. Par comparaison, les indices européens, dont le Bel 20, n’affichent que la moitié de cette performance. Et nombreux sont encore les indices à n’avoir pas rejoint les niveaux d’avant-crise. En cause: la crise de la dette – la Grèce vient à peine de tourner la page des plans d’aide –, les incertitudes sur les banques européennes et l’absence de grands champions technologiques européens. L’Europe ne parvient décidément pas à combler son retard face à cette Amérique boursière qui gagne. Jusqu’à quand? De temps à autre, le taureau de Wall Street connaît de petits coups de mou, comme ce fut le cas en début d’année. Ce "bull market" ne devrait en tout cas plus trop compter sur la Fed américaine pour avancer. Sauf si Trump parvient à déstabiliser l’institution. Ce qui serait profondément préjudiciable.

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