Un quatrième datacenter à Saint-Ghislain.

Tordons le cou à un canard. Quand Google vient frapper à votre porte pour installer un 4e datacenter à Saint-Ghislain, vous ne pouvez pas dire non. Certains avancent la place que prennent les centaines de serveurs que le géant du web alignera une nouvelle fois pour stocker vos e-mails, héberger les vidéos que vous regardez via YouTube ou gérer l’ensemble de ses services. Idea, l’intercommunale de développement économique et d’aménagement du cœur du Hainaut, a fait le calcul: depuis son arrivée dans le Borinage, Google y dépasse le ratio minimal des 5 emplois créés à l’hectare bâti. Son ratio est supérieur à celui d’un secteur comme la pétrochimie. Cela reste très peu, mais c’est mieux que rien. D’autant mieux que rien que la Wallonie reste peuplée de friches avec près de 4.000 hectares mobilisables.

Un investissement opportuniste ne témoigne pas de la maturité de la Belgique technologique.

D’autres pointent l’impact environnemental colossal que représente une telle infrastructure énergivore. Sauf que le problème est global. Tant que nous enverrons toujours plus de mails, que nous consommerons toujours plus de streaming… nous aurons besoin de toujours plus d’espace de stockage. Ces datacenters seraient-ils meilleurs pour la planète ailleurs qu’en Wallonie? Ce jugement est trop facile. Google, comme Apple ou Facebook, s’attelle d’ailleurs à réduire la facture en CO2 de ses sites. À Saint-Ghislain, aussi.

Google à Saint-Ghislain, l’histoire est belle. Durable, donc. Ce qui nous dérange dans cette fable qu’on nous ressert aujourd’hui, c’est que ces 600 millions d’euros réinvestis confirment "notre position de pionnier du numérique acquise au cours de ces dernières années", selon la com’ de Charles Michel, Premier ministre sortant. En quoi? En quoi un investissement 100% opportuniste, lié à une capacité d’infrastructure disponible, témoigne-t-il de la maturité de la Belgique technologique? Le bilan des millions injectés par le gouvernement Michel dans l’écosystème digital, quelqu’un l’a-t-il déjà fait?

Subsidier incubateurs et écoles de codage, soutenir les levées de fonds de nos scale-ups via les invests publics, a-t-il créé de la valeur? On préférerait sincèrement que nos politiques se félicitent quand une pépite bruxelloise comme Collibra atteint 1 milliard de valorisation dans un marché aussi compétitif que la gestion des données numériques plutôt que de saisir l’opportunité Google pour le faire.

Facile.

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