L'argent des autres

Journaliste

Papa, pourquoi paie-t-on des impôts? Bonne question, ma fille, à une année de la giga-élection de 2019 où les Belges éliront ceux qui les représentent à trois niveaux de pouvoir.

Les (très lourds) impôts dont s’acquitte la classe moyenne aujourd’hui dans ce pays assurent des soins de santé de qualité, des pensions décentes, un enseignement et une formation permettant aux jeunes de s’épanouir et de trouver un emploi intéressant, des routes et des infrastructures correctes, une qualité de vie et une qualité d’air agréables.

Voilà ce à quoi donnent droit – pour l’essentiel – les 50% d’impôt (on chipote) ponctionné chaque mois sur nos salaires.

Fiscalité, enseignement, mobilité. Que les partis formulent durant cette longue campagne électorale des propositions audacieuses et intelligentes.

Mais quittons un instant cette rhétorique de bisounours pour affronter la dure réalité – pardon, ma fille.

Passons sur le fait qu’on paye trop vite trop d’impôt sur le travail, en Belgique, pour nous arrêter – au hasard – sur quelques points cardinaux.

L’enseignement et la formation, le socle de notre société. On pourrait épiloguer durant quinze éditions spéciales sur la nullité de l’enseignement francophone et l’occasion manquée que constitue désormais ce Pacte d’excellence – laminé par une opposition qui n’y a pas été associée. L’OCDE qui ausculte l’état de l’enseignement dans plus de 80 pays n’a pas de mot assez dur pour qualifier une déroute francophone devenue insupportable. Un pays comme le Vietnam a désormais un meilleur système éducatif que les francophones de Belgique.

Les infrastructures? Un manque de vision, un manque d’intelligence, un manque de coordination ont conduit la Belgique – singulièrement ses villes avec Bruxelles au premier rang – à devenir un trou noir de non-mobilité où chaque déplacement s’apparente à un parcours du combattant. Ceci nous amène à cela: la qualité de l’air désastreuse dans laquelle nous sommes contraints de vivre est une épée de Damoclès qui n’est pas prête de s’envoler et met en péril la santé de tous.

Pour être crédible, il faut être de bon compte et admettre que la qualité des soins de santé a été relativement épargnée en Belgique. Mais combien de temps encore l’argent public va-t-il permettre de garantir ces standards? Là aussi, la digue craque.

Est-ce à dire qu’il ne nous reste plus que nos yeux pour pleurer et attendre que les Diables Rouges nous fassent un bon résultat à la Coupe du monde pour nous rendormir pendant quatre ans?

Non.

Le vote est une arme, rappel utile en ces temps où la politique est tellement moquée.

Les trois, quatre, cinq bulletins de vote (élections locales comprises) que vous aurez entre les mains au cours des douze prochains mois sont autant de balles dans votre barillet démocratique. Que les différentes formations politiques se saisissent de ces urgences à bras-le-corps et formulent des propositions intelligentes. Il n’y a ni le temps ni l’espace pour baisser les bras.

Lire également

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés