L'arithmétique du centre

Journaliste

L’information royale en pleine confusion.

Huit mois nous sépareront bientôt des élections du 26 mai et force est d’admettre que la clarté n’est toujours pas faite quant à savoir qui va gouverner la Belgique et, surtout, avec quel projet. Il y a pourtant un consensus qui transpire de toutes les déclarations politiciennes qui animent l’information royale du moment: la solution pour la formation rapide d’un gouvernement passe par le centre.

C’est une évidence arithmétique, historique en Belgique. Elle s’impose aujourd’hui parce que le résultat des élections ne laisse que peu de majorités praticables. La proposition arc-en-ciel élargi au CD & V de Paul Magnette était trop progressiste et trop à gauche pour l’Open VLD et CD & V. Voici que la version "Vivaldi" de la même coalition proposée par le tandem Bouchez Coens ne suffirait pas en l’état à retenir PS ou Ecolo.

Il appartient à l’Open Vld et au CD & V de rassurer la Flandre sur les questions d’emploi et de budget.

Ne retrouvant aucun de leurs marqueurs comme la fin de l’enfermement des enfants migrants ou une pension minimum à 1500 euros, les socialistes sont échaudés alors que la N-VA et la droite de l’Open Vld embrassent la nouvelle note et lui demandent de se positionner. Le jeu de rôle continue donc à quatre jours du prochain rapport au Roi des informateurs. Dans l’entourage de ceux-ci, on confirme que l’objectif est bien de mener à un gouvernement sans la N-VA.

La surprise fut donc totale de découvrir dans la presse une note qui a permis aux nationalistes de la soutenir sans s’abîmer le moins du monde. Si ce projet Vivaldi tient toujours la route, il appartient à l’Open Vld et au CD & V à rassurer la Flandre quant aux questions budgétaires et à la flexibilisation du marché de l’emploi, attendue de pied ferme.

Ce sera tout le sens des ajustements politiques qui interviendront d’ici lundi. Il y va de la crédibilité de deux jeunes présidents de partis, Bouchez et Coens. Et de la capacité des partis traditionnels à démontrer qu’ils peuvent travailler à un compromis en dernière ligne, dans une séquence politique actuelle qui est charnière pour la Belgique.

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