L'Armageddon comme pour rire

Menaces nucléaires dans le Pacifique.

Le 9 août 1945, les États-Unis d’Amérique lançaient une bombe nucléaire sur la ville de Nagasaki, tuant 40 à 80.000 personnes. Le 9 août 2017, le président du même pays clame: "Notre arsenal nucléaire est plus fort et plus puissant que jamais" et "le moment où nous ne serons plus le pays le plus puissant au monde ne viendra jamais". Donald Trump n’est pas un homme à se laisser étouffer par l’indécence. Ni par le ridicule, d’ailleurs. Car cette déclaration belliqueuse est la dernière d’un échange fleuri avec Pyongyang, qui a depuis longtemps habitué les États-Unis et leurs alliés dans la région aux provocations stériles.

En plus d’adopter la rhétorique puérile que manie la Corée du Nord, le Président américain se fait rire au nez.

En plus d’adopter la rhétorique puérile que manie la Corée du Nord depuis des décennies, le Président de la première puissance mondiale se fait rire au nez. Mardi, il menaçait de déclencher "le feu et la colère comme le monde ne les a jamais vus" contre le régime de Kim Jong-un s’il faisait de nouvelles menaces aux États-Unis. Quelques heures plus tard, la Corée du Nord se disait prête à faire feu sur l’île américaine de Guam, démontrant par l’absurde l’inconsistance de Donald Trump et l’inefficacité de sa méthode. Le régime de Pyongyang, techniquement en guerre avec les États-Unis depuis 1950, ne peut que remercier le président américain pour ces vitupérations dont il a besoin comme de pain. Pour le reste, circulez… Selon le ministre américain des Affaires étrangères, il n’y a aucune menace imminente au nord du 38e parallèle.

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Pour ridicules que soient ces échanges, ils n’en sont pas moins inquiétants. Les jeux de musculation entre puissances militaires peuvent déraper, et lorsque ces puissances sont dotées de missiles intercontinentaux et d’ogives nucléaires, les voir se jeter le gant n’a rien de rassurant. Nous ne sommes pas en 1945, et la situation est loin d’être aussi alarmante que celle de 1962, où la crise des missiles de Cuba a réellement failli déclencher un déluge de feu nucléaire. Mais vu le registre adopté, on préférerait le Président américain laisser la diplomatie à ses diplomates.

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