L'arrondi, source d'inégalités

Senior Advisor Whyte Corporate Affairs

Nouvelle offensive contre les "petites pièces".

Pourquoi faire simple… quand on peut faire compliqué? Air connu. Le système de l’arrondi "aléatoire et symétrique" (si, si, c’est son nom) qui entre en vigueur le 1er octobre ne fait pas dans la simplicité. L’objectif est louable: il s’agit de limiter et à terme, si possible, de supprimer- l’usage des "petites pièces" de 1 et 2 cents. Celles-ci encombrent les porte-monnaie des consommateurs et coûtent cher aux banques centrales qui doivent non seulement les frapper à un coût supérieur à leur valeur faciale, mais aussi continuer à alimenter un marché qui s’assèche en permanence. Les petites pièces rouges sont en effet tellement difficiles à manipuler que la plupart des gens ne les réutilisent jamais.

À moins de supprimer cette mitraille, la solution pour limiter son usage ne peut être que boiteuse.

Objectif louable, donc. Mais à moins de supprimer purement et simplement cette mitraille, la solution pour limiter son usage ne peut être que boiteuse. Chez nous, le gouvernement a opté pour une pratique hybride, à la carte et variable en fonction du mode de paiement. Concrètement, les commerçants auront le choix de pratiquer le fameux "arrondi"… ou pas. Et cela commence mal parce l’on sait déjà que deux grosses catégories de commerces échapperont au système: les pharmacies qui en sont exclues d’office, et les supermarchés qui ont affirmé qu’ils n’y adhéreraient pas. On peut comprendre ces derniers, obligés d’adapter le ticket de caisse selon que leurs clients paieront en liquide ou par carte bancaire.

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Certes, il y a peu de chances que de nombreux consommateurs choisissent d’adapter leur mode de paiement en fonction des centimes figurant derrière la virgule de leur ticket de caisse. Néanmoins, il y a là un facteur d’inégalité évident. Qui n’a jamais vu un client en difficulté financière compter ses achats au centime près, avant de glisser la somme exacte dans la main du commençant? Et ne parlons pas du secteur de l’habillement, où la pratique du prix "psychologique" (systématiquement un centime plus bas que l’unité supérieure) est une seconde nature. Imagine-t-on la somme que peut représenter, dans les caisses de l’ensemble des commerces de vêtements, à la fin d’une journée, l’arrondi à 10 € de tous les t-shirts affichés 9,99 €?

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