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Jerome Powell, plus important que le locataire de la Maison-Blanche.

Peu importe le nom du locataire de la Maison-Blanche, les investisseurs américains ont déjà choisi depuis bien longtemps leur président préféré. C’est Jerome Powell, le président de la banque centrale américaine, parfois même considéré comme l’homme le plus important des États-Unis, surtout en période de crise.

Ces mercredi et jeudi, la Federal Reserve (Fed) américaine réunit son comité de politique monétaire. Même si, en principe, aucune décision n’est attendue, les investisseurs savent qu’en cas de coup dur ou de nouveaux tumultes sur les marchés, ils peuvent compter sur « Jay » Powell. Ce dernier les a rarement déçus.  

Les investisseurs savent qu’en cas de coup dur, ils peuvent compter sur le président de la Réserve fédérale.

Même si certaines de ses décisions ont parfois été controversées, le parcours de Powell est plutôt impressionnant. En matière d’achats d’actifs, il a osé emmener la Banque centrale américaine dans des contrées encore inexplorées, pour sauver les entreprises, le système financier et l'économie. Bien entendu, il conviendra un jour de revenir à une politique monétaire plus neutre. Mais la priorité n’est pas là pour l'instant. Elle est toujours à la lutte contre les effets récessifs de cette crise du Covid-19. Et Powell l'a bien compris.

La double baisse des taux orchestrée en mars dernier au plus fort de la tempête avait particulièrement marqué les esprits. Aujourd’hui, les taux américains se situent à un niveau plancher de 0 à 0,25%. Jusqu'ici, la Fed a refusé d’imiter la Banque centrale européenne et de s’aventurer dans la zone des taux négatifs. Ceci au grand dam de Donald Trump. Entre les deux hommes, avouons-le, cela a très souvent fait des étincelles. Les critiques de Trump ont régulièrement dépassé les bornes. Au Forum de Davos, en janvier dernier, il ne s’était pas privé de critiquer les hausses de taux opérées par la Fed, en 2017 et 2018. Il parlait d'une "grande faute", car sans ces hausses de taux, disait-il, la croissance économique aurait été largement supérieure et l'indice Dow Jones, l'obsession de Trump, se situerait 5.000 ou 10.000 points plus haut.

Les années précédentes, il avait même avoué regretter la nomination de Powell à la tête de la Fed, soulignant qu'à la banque centrale, il y a des gens "qui ne sont pas des nôtres". Le summum avait été atteint lorsque, dans un tweet ravageur dont il a le secret, il s’était demandé qui était le plus grand ennemi des États-Unis: Jay Powell ou le président chinois Xi? Cette pression sur la banque centrale, en remettant en question son indépendance, est particulièrement nuisible. Ce sera peut-être là un des enjeux des années à venir.

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