L'échec n'est plus une option

Echouer sur la sortie du nucléaire et devoir activer le plan B devient une option de plus en plus coûteuse.

La ministre de l'Énergie Tinne Van der Straeten (Groen) bataille ferme pour mettre en place le CRM, ce système qui doit permettre de construire les centrales au gaz indispensables pour sortir du nucléaire en 2025. Le dossier est complexe, le timing est serré et les obstacles sont encore nombreux – le moindre n'étant pas d'obtenir le feu vert de la Commission européenne, qui a ouvert une enquête approfondie sur ce mécanisme. Mais la Belgique ne peut pas se permettre un échec sur ce dossier.

D'abord, parce qu'il serait particulièrement épineux, pour une ministre verte, de devoir activer le plan B prévu dans l'accord de gouvernement: la prolongation de deux réacteurs nucléaires.

Mais surtout, parce que le scénario d'un échec apparaît comme de plus en plus coûteux. On a appris lundi qu'Engie comptait procéder à une nouvelle dépréciation de ses actifs nucléaires belges – une dépréciation d'1,9 milliard d'euros, pour s'aligner sur le plan A du gouvernement De Croo, à savoir la fermeture des 7 réacteurs nucléaires d'ici 2025. Une décision qui n'est pas purement comptable.

Si le gouvernement était contraint de se rabattre sur son plan B, il serait pieds et poings liés face au bon vouloir d'Electrabel.

Si en novembre prochain, une fois le résultat des enchères pour de nouvelles centrales au gaz connu, le gouvernement était contraint de se rabattre sur son plan B, il serait pieds et poings liés face au bon vouloir d'Electrabel et de sa maison mère, qui ont répété à l'envi qu'une garantie sur la rentabilité des investissements liés à la prolongation serait nécessaire, mais aussi qu'une décision de prolonger en novembre 2021 serait trop tardive. Le fait d'avoir acté officiellement dans ses comptes la mort de la prolongation du nucléaire mettrait le groupe en position de force en cas de revirement du gouvernement belge.

Pendant des années, à force de négociations et de compromis, la sortie du nucléaire n'a pas été préparée. Ce nucléaire freine, selon les Verts, le développement des énergies renouvelables. La ministre de l'Énergie n'a maintenant plus le choix: elle doit prouver que la fermeture des réacteurs belges est un scénario qui tient la route.

Le défi, s'il est de taille, a l'avantage d'être clair. Et pour ce faire, elle doit réussir la mise en place du CRM. Une réussite d'autant plus cruciale que le gestionnaire de réseau Elia a estimé que même en cas de prolongation de deux réacteurs, un système de soutien à de nouvelles capacités de production serait nécessaire. Sous peine de risquer de plonger, en cas de circonstances extrêmes, la Belgique dans le noir.

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