L'économie va mieux. Oui, mais...

L'activité reste en décroissance.

Ne boudons pas notre plaisir. Avec la publication des indicateurs économiques concoctés par IHS Markit ce mardi, et alors que les restrictions sanitaires sont à présent levées depuis plusieurs semaines dans les pays développés, on sait que l'activité économique a amorcé ce mois-ci un mouvement de reprise. À un rythme par ailleurs plus rapide que ce que la plupart des économistes attendaient. Les bourses ont salué cette nouvelle plutôt réjouissante. Toutefois, sans euphorie aucune.

C'est que le retour à un niveau d'activité tel qu'on le connaissait encore en 2019 n'est pas pour l'immédiat. Chez nous, le Bureau fédéral du Plan ne disait pas autre chose mardi en faisant part de ses projections à 5 ans. Rien ne permet de penser par exemple que l'économie française qui a retrouvé de la croissance en juin, sera en mesure de confirmer ce rythme dans les mois à venir. Plus que d'autres, la France a probablement profité d'un effet de rattrapage après avoir confiné ses consommateurs durant deux mois. Mais la multiplication en cours des plans de suppressions d'emplois, dont la France n'est pas à l'abri, risquent de doucher l'enthousiasme retrouvé de ces consommateurs. Comme ailleurs en Europe.

L'activité reste en décroissance

À l'heure où la plupart des avions dans le monde n'ont pas encore repris leur envol, on voit mal les Banques centrales faire redécoller leurs taux d'intérêt.
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Si l'on excepte le cas de la France, on constate que les autres économies sont, elles, toujours en récession. L'activité reste en décroissance. Cela suffit à déjouer les pronostics avancés par certains dans les coulisses des marchés financiers, selon lesquels les banques centrales pourraient remiser au placard plus tôt que prévu leur panoplie de mesures de soutien aux économies. À l'heure où la plupart des avions dans le monde n'ont pas encore repris leur envol, on voit mal les Banques centrales faire redécoller de leur côté leurs taux d'intérêt. Au risque en tous les cas de mettre en grande difficulté tous les acteurs qui se sont fortement endettés ces dernières semaines. Les États, comme les entreprises.

Le prochain écueil que les marchés auront à affronter, ce sera la publication en juillet des résultats de sociétés. À coup sûr, beaucoup de patrons seront incapables de faire part de prévisions. Comment peut-on dans ce contexte imaginer que l'économie se portera dans quelque temps mieux qu'aujourd'hui?

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