L'effet rebond de la crise

Quand la crise finira-t-elle? C’est comme la météo: nul n’ose s’aventurer à prédire la fin de l’hiver.

C’était trop beau pour durer. Alors que la Flandre subissait depuis plus d’un an les coups de boutoir de la récession, la Wallonie s’en sortait sans trop de casse. Mais les premiers signaux inquiétants venus d’ArcelorMittal et Carsid laissaient présager le pire. Le voilà qui arrive: le premier trimestre de 2013 plonge des pans industriels entiers du sud du pays dans l’incertitude et des milliers de travailleurs dans l’angoisse. 

Un décompte non exhaustif effectué par nos soins dénombre près de 3.600 pertes d’emplois depuis le 1er janvier, quasiment toutes dans le sud du pays. Et l’on n’y inclut ni les 2.800 suppressions de postes programmées d’ici 2015 chez BNP Paribas Fortis et ING ni les nombreuses faillites de PME qui, dans l’ombre, laissent elles aussi des centaines de travailleurs sur le carreau. 

Après la fermeture annoncée de Ford Genk, les restructurations lourdes

lancées chez ArcelorMittal, et chez Caterpillar, témoignent à l’envi du degré de dépendance du tissu industriel belge à l’égard de décisions stratégiques prises loin de chez nous.

Mais l’effet rebond de la crise se traduit aussi par des restructurations en chaîne. La fermeture annoncée de Plastic Omnium, à Herentals, ou de l’usine Saint-Gobain Sekurit est la conséquence de l’arrêt programmé de l’usine Ford, à Genk. Quand tout cela finira-t-il? C’est comme la météo: nul n’ose encore s’aventurer à prédire la fin de l’hiver.

Le différentiel salarial défavorable avec les pays voisins est un vieux problème. Le cri d’alarme lancé mercredi par quatre gros industriels dénonçant le coût de l’énergie en Belgique charge un peu plus la barque. Rétablir la compétitivité de notre industrie passera immanquablement par un allégement de la fiscalité sur le travail, qu’il faudra compenser par des prélèvements sur le capital et/ou sur les activités polluantes. Et sans doute par un ajustement des prix de l’énergie. Mais en politique, il faut du temps pour dénouer les nœuds les plus inextricables. En attendant, l’économie belge n’assurera son avenir qu’en misant sur ses points forts — l’agroalimentaire, la pharmacie, l’aéronautique — et sur l’innovation.

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