L'épouvantail Ryanair

Olivier Gosset

Un appel à la grève dans quatre pays en juillet

Dix mois après l’annonce de l’annulation de 20.000 vols sur l’ensemble de son réseau à cause d’un manque de pilotes, Ryanair fait face à une nouvelle crise: une grève du personnel de bord dans quatre pays européens, dont la Belgique, en pleine haute saison. Avec à la clé la menace d’une prolongation du mouvement si la compagnie irlandaise à bas coûts ne répond pas aux revendications des salariés sur les conditions de travail.

Les représentants syndicaux ont eu hier des mots extrêmement durs à propos de la low cost irlandaise.

Quand on connaît la complexité quasi insoluble qu’il y a à organiser une grève transnationale en raison des spécificités légales existantes dans les différents pays de l’Union européenne (les arrêts de travail politiques et de solidarité sont par exemple illégaux en Allemagne), on peut prendre la mesure de la véritable hargne qui se cache derrière cette eurogrève restreinte. Multipliant les exemples d’une pingrerie mesquine, les représentants syndicaux des 4 pays concernés ont eu hier à Bruxelles des mots extrêmement durs à propos de la low cost irlandaise. N’hésitant pas à parler d’une compagnie hors la loi, où régneraient des conditions de travail indignes.

On pensait pourtant que la société aux 130 millions de passagers avait entamé un aggiornamento fin 2017 sous la pression des pilotes de plusieurs pays qui menaçaient de se tourner les pouces pendant les fêtes de fin d’année. Michael O’Leary, le bouillant CEO pourfendeur de l’establishment aérien, avait alors lâché du lest en annonçant la reconnaissance des syndicats de pilotes. Mais il peine depuis lors à parvenir à un accord dans certains pays. Ce qui a mené à un projet de grève pour le 12 juillet en Irlande.

Selon certains spécialistes, le coût pour Ryanair d’un respect des différentes règles sociales locales ne serait pourtant que de 100 à 200 millions d’euros. À comparer aux 1,450 milliard de bénéfices du dernier exercice. Et surtout à méditer la prochaine fois que la compagnie annoncera de nouveaux tarifs "imbattables" qui – plus personne ne peut l’ignorer – ne relèvent en rien d’une recette miracle.

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