L'État islamique attend son heure

Le terrorisme islamiste reste une menace.

En mars dernier, trois ans après les attentats sanglants de Bruxelles, l’État islamique rendait les armes à al-Baghuz, en Syrie. À son apogée, cette organisation terroriste régnait sur six millions d’âmes et un territoire aussi grand que le Royaume-Uni. Le pseudo-califat s’effondrait, pris en tenaille entre la coalition dirigée par les Etats-Unis, les forces kurdes et une alliance impitoyable entre la Russie, les Gardiens de la révolution iranienne et la Syrie. Il aura fallu cinq ans pour que les armées les plus puissantes du monde, soutenues par leurs alliés locaux, viennent à bout de quelques milliers de combattants intégristes, pour la plupart illuminés et sans expérience, obsédés par l’apocalypse et la création d’un califat médiéval régnant sur le monde.

Les géants du net n’ont toujours pas compris qu’il fallait traquer les communications des djihadistes.

S’il est retourné à la terre comme il était arrivé, porté par une tempête de sable, l’État islamique pourrait resurgir de cette manière.

Le "califat virtuel" est toujours actif, et il est le lieu de regroupement des djihadistes, aujourd’hui et maintenant. Les géants du net, d’une naïveté criminelle, n’ont toujours pas compris qu’il fallait traquer sans pitié leurs communications. Plus de 30.000 hommes, toujours vivants, communiquant avec leur hiérarchie, toujours debout, dans un langage codé.

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En avril, Abou Bakr al-Baghdadi, le fondateur de l’organisation terroriste, a mis en ligne un message dans lequel il explique à ses hommes que la défaite n’est qu’une épreuve divine, et non un échec sans issue. L’État islamique se réorganise, que ce soit en cellules dormantes ou actives dans les zones rurales d’Irak. Le groupe terroriste, qui veut établir un califat sur toute la planète vit dans une autre temporalité et d’autres frontières que l’Occident.

La sensation relative de paix ressentie en Europe, où heureusement plus aucun attentat n’a eu lieu ces derniers temps, ne doit pas laisser croire que la menace terroriste est virtuelle et confinée au Moyen-Orient.

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