L'euro et la BCE, nos seuls boucliers

Journaliste

La BCE doit contrer la montée des taux importée des USA.

Les États-Unis ont enclenché la vitesse supérieure face à la crise sanitaire. Non seulement les Américains vaccinent plus vite mais en plus, ils soutiennent leur économie à grands renforts de dépenses budgétaires. Le contraste avec l'Europe est saisissant. De notre côté, la vaccination a pris du retard et la relance budgétaire est limitée. L'an dernier, il avait fallu des négociations interminables pour arracher un plan de relance de 1.800 milliards d'euros. Aux USA, Joe Biden, arrivé fin janvier, a d'abord fait passer un plan de relance de 1.900 milliards de dollars, qui s'est ajouté aux plus de 3.000 milliards de dollars d'aides déjà dépensés en 2020.

Mardi, on a appris que la Maison-Blanche planchait désormais sur un plan destiné à soutenir l'économie américaine à plus long terme, avec un budget estimé à 3.000 milliards de dollars à la clé. Ça laisse rêveur côté européen. Ça provoque sans doute aussi quelques inquiétudes à Francfort, au siège de la Banque centrale européenne. Les responsables de la BCE surveillent de près la récente montée des taux d'intérêt, importée tout droit des États-Unis. Quand l'Oncle Sam s'endette davantage, les investisseurs lui réclament des taux plus élevés. Ça n'inquiète pas les Américains qui peuvent compter sur une forte croissance économique potentielle et une inflation de nature à limiter la charge de la dette.

Alors que les gouvernements se limitent au service minimum, la Banque centrale européenne et notre monnaie unique sont les seuls à maintenir la zone euro à flot.

Par contre, quand les taux européens se mettent à suivre les taux US, même à bonne distance, les banquiers centraux européens doivent intervenir: chez nous, la croissance potentielle est bien plus faible et la hausse de l'inflation risque d'être très temporaire. Dès lors, il ne faudrait pas que les États membres de la zone euro doivent emprunter à des taux nettement plus élevés. La BCE est contrainte à agir: elle a déjà augmenté ses achats sur le marché pour contenir les tensions. Par ailleurs, l'euro permet aux pays les plus fragilisés par la crise sanitaire d'éviter une fuite des capitaux.

Cette situation n'est pas sans rappeler celle de la crise de la dette publique des années 2010. Alors que les gouvernements se limitent au service minimum, la Banque centrale européenne et l'euro sont les seuls à maintenir la zone euro à flot. L'euro est notre monnaie commune et la BCE est l'institution européenne la plus intégrée. Ce sont là nos deux seuls véritables boucliers en cas de crise. Ceci nous montre la voie à suivre si on veut mieux surmonter les prochaines crises: il faudra davantage d'intégration dans les autres institutions européennes.

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