L'Europe à nouveau désunie face au Covid-19

Journaliste

Face aux lenteurs de la vaccination en Europe, plusieurs États de l'UE ont décidé de se tourner vers d'autres partenaires, comme Israël, la Russie ou la Chine. Ce coup de canif dans la solidarité européenne lézarde la stratégie vaccinale de l'UE.

Il y a un an, l'humanité entrait dans une crise sanitaire sans précédent. Des milliards d'individus étaient confinés chez eux. L'économie mondiale ralentissait. Les gouvernements suspendaient des libertés pour protéger leur population du Covid-19. Le décompte des morts, le manque d'équipements, l'absence de vaccin, la mort décimant les plus âgés, rien ne fut épargné. Le monde n'était pas prêt.

Durant ces mois d'incertitude, les uns ont spéculé sur "la société de demain", alors que d'autres ont cru voir "des complots mondiaux". Beaucoup ont retroussé leurs manches et combattu le virus. Dans les laboratoires, des solutions vaccinales ont été élaborées en un temps record. Ces vaccins fonctionnent. Mais à ce jour, à peine 3% de la population mondiale a reçu une injection.

L'Union européenne a du mal à faire front dans la bataille vaccinale.

L'Union européenne a du mal à faire front dans la bataille vaccinale. Ses entreprises, comme BioNTech ou CureVac, fabriquent des vaccins, mais ils sont distribués efficacement aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Israël, par des géants pharmaceutiques qui n'ont pas leur centre de décision en Europe. En attendant, les mesures de sauvegarde et leurs conséquences risquent de durer des mois encore.

Pourtant, l'UE détient toute l'expertise scientifique nécessaire. Le meilleur exemple est celui de la Belgique, un des fleurons mondiaux de la production des vaccins, en mal d'accélérer la vaccination de sa population par manque de doses.

Face à ces lenteurs, huit États de l'UE se tournent vers d'autres partenaires, comme Israël, la Russie ou la Chine. Ce coup de canif dans la solidarité européenne lézarde la stratégie vaccinale européenne. Par cette démarche, les dirigeants de ces pays cherchent surtout à rassurer leur électorat.

Pendant ce temps, la Russie et la Chine engrangent des points en exportant leur vaccin à travers la planète, allant jusqu'à l'offrir aux pays les plus pauvres. Mais ce ne sera pas gratuit. Cette géopolitique vaccinale, parfois menée au détriment de leur population, leur permettra de renforcer leur influence dans le monde de demain.

Au plus fort de cette crise, on s'est pris à rêver d'une unité européenne, voire mondiale, dans la production d'un vaccin, mobilisant au service de l'humanité les capacités des technologies les plus avancées du XXIe siècle.

Au plus fort de cette crise, on s'est pris à rêver d'une unité européenne, voire mondiale, dans la production d'un vaccin, mobilisant au service de l'humanité les capacités des technologies les plus avancées du XXIe siècle. Les égoïsmes nationaux, les vieux réflexes géostratégiques, la difficulté du politique de générer une vision dépassant son cheptel électoral, ou simplement le doute envers les vaccins empêchent de donner corps à ce rêve. Mais il n'est jamais trop tard pour construire cette unité par une plus grande coopération industrielle et en tirant exemple des bonnes pratiques.

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