L'Europe, cela n'a pas de prix

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Chômage massif dans certains pays, tensions politiques, tentations régionalistes, fissures entre pays intégrationnistes et eurosceptiques: le bilan de 2012 est à l’image de celui des dernières années. Profondément décourageant. Mais l’Union européenne, c’est avant tout l’histoire de la plus longue période de paix du Continent. Qui oserait affirmer que cette aventure ne peut servir de modèle?

Le timing est un peu bizarre. Attribuer le prix Nobel de la Paix à l’Union européenne plus d’un demi siècle après la fondation de la CEE, cela paraît pour le moins un peu tardif. Les risques de conflits entre les ex-belligérants traditionnels du Continent ont été depuis longtemps écartés. Qui plus est, l'Europe affiche aujourd’hui une triste figure, alors qu’elle peine à s’extraire de la pire crise économique de son histoire commune. Chômage massif dans certains Etats membres, tensions politiques, tentations régionalistes, fissures de plus en plus béantes entre pays intégrationnistes et eurosceptiques: le bilan de 2012 est à l’image de celui des dernières années.

Profondément décourageant. Et le pire, c’est qu’on ne voit toujours pas émerger cette nouvelle génération d’hommes d’Etat qui pourraient inverser la tendance en mettant sur la table un nouveau projet mobilisateur, même entre quelques pays. Entre le saut fédéral intégral d’un Guy Verhofstadt et la réforme de la gouvernance économique de la zone euro chère à Herman Van Rompuy, il y a pourtant place pour de nouvelles initiatives concrètes. Peu importe qu’elles soient industrielles, diplomatiques ou institutionnelles. 

Oui, l’élan initial est sérieusement retombé. Bien sûr, l’UE a parfois des airs d’OVNI politique et institutionnel. Mais prenons un peu de recul. C’est le prix Nobel de la Paix que les Vingt-sept ont reçu. Pas celui de l’économie. Comme l’a fait valoir le Premier ministre belge, c’est l'Europe dans sa fondation, son esprit, ses valeurs qui a été saluée. C’est-à-dire cinquante-cinq ans sans conflits interétatiques, excepté le tragique démembrement de la Yougoslavie. Qui n’était précisément pas dans le club communautaire. L’Union européenne, c’est avant tout l’histoire de la plus longue période de paix du Continent. Qui oserait affirmer que cette aventure ne peut servir de modèle, au moment où le monde arabe est travaillé par d’inquiétantes convulsions et alors que les rivalités entre pays asiatiques, qu’elles soient territoriales ou politiques, menacent régulièrement de dégénérer ?

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