L'Europe doit resserrer les rangs

Journaliste

Sans Angela Merkel et avec un président Macron en quête d'une nouvelle légitimité, les mois à venir seront difficiles pour l'Europe. Il est urgent de resserrer les rangs autour du projet européen.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen prononce ce mercredi son discours sur l'état de l'Union. L'exercice, très attendu, est suivi dans toutes les capitales d'Europe, car il définit les grandes lignes de la politique européenne pour les mois à venir. Cette politique influencera la vie de chaque citoyen. La campagne vaccinale et le plan de relance en sont deux exemples marquants. Deux réussites de l'Europe, à côté de faiblesses de plus en plus fortes et visibles.

Un programme politique est utile. Mais sans impulsion, cela reste un catalogue d'intentions, comme c'est le cas de la politique migratoire européenne, inexistante, ou du plan climat encore très discuté.

Une des raisons de ces difficultés tient dans les échéances électorales. Le cœur de l'Europe a beau battre à Bruxelles et Strasbourg, l'impulsion politique vient des gouvernements européens, en particulier de Berlin et Paris. Or, l'Allemagne et la France sont en campagne électorale.

Tous les yeux sont braqués vers l'élection du chancelier allemand, le 26 septembre. L'Allemagne, qui détient le nombre de voix le plus important au sein du Conseil, est incontournable pour définir les grandes politiques de l'UE.

Sans Merkel et avec un président Macron en quête de légitimité, les mois à venir seront difficiles.

Le départ d'Angela Merkel va peser. Pendant 15 ans, elle a incarné la stabilité de l'Europe à travers trois crises majeures, celle de la dette, la crise migratoire et la pandémie de Covid-19. Avec son pragmatisme et une grande proximité, "Mutti" était devenue la favorite des Européens. Si le poste de président de l'UE existait, la majorité des citoyens européens voteraient pour elle, révèle un récent sondage.

En attendant la formation d'une coalition en Allemagne, ce qui pourrait prendre du temps, l'UE entre en léthargie. En témoignent les atermoiements autour du plan climat "Fit for 55" au sein de la Commission, où l'indécision régnera tant qu'on ne connaîtra pas les plans de l'Allemagne.

Il en est de même pour le poids de l'Europe dans le monde. La dernière humiliation en date de l'UE, lors du retrait des troupes américaines d'Afghanistan, laisse songeur. Sans volonté de Berlin et Paris, le renforcement de la diplomatie européenne restera un slogan.

Sans Merkel et avec un président Macron en quête de légitimité, les mois à venir seront difficiles. Il est, dès lors, urgent que la Commission et les gouvernements européens, en particulier ceux de pays fondateurs comme la Belgique, resserrent les rangs autour du projet européen pour lui donner une impulsion, tout en prouvant que la politique européenne ne se résume pas au tandem franco-allemand. Il y va de l'avenir de l'Europe.

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