L'Europe livrée à elle-même

Les prévisions du FMI sont décevantes.

La santé insolente affichée par l’économie américaine contraste avec la zone euro en panne de carburation. Confirmation vient encore d’être apportée par le Fonds monétaire international (FMI) dont les nouvelles prévisions pour 2015 ne prêtent guère à l’optimisme. L’écart de croissance entre les deux rives de l’Atlantique va du simple au triple: 1,2% pour la zone euro contre 3,6% pour les Etats-Unis. Symbole de cette renaissance américaine: Detroit, ville sinistrée en 2008 et redevenue aujourd’hui la capitale de l’automobile.

La reprise aux Etats-Unis ne profite que très peu à l’économie européenne.

Les politiques monétaires illustrent on ne peut mieux ce contraste. La Banque centrale européenne continue d’assouplir sa politique monétaire au moment où la Réserve fédérale cesse de déverser des milliards de dollars sur l’économie américaine. Elle s’apprête même à commencer à remonter ses taux directeurs à partir d’une date encore inconnue mais qui devrait se situer vers le milieu de l’année. Le plus inquiétant, c’est que la reprise aux Etats-Unis ne profite que très peu à l’économie européenne. La croissance américaine s’appuie essentiellement sur la consommation de produits fabriqués sur le sol américain. Difficile pour l’Europe de pénétrer sur un marché américain rendu ultra-compétitif par des coûts salariaux très bas et de l’énergie bon marché (grâce au gaz de schiste).

Le salut ne viendra pas non plus du reste du monde. La croissance chinoise ralentit. La Russie est aux abois, en raison de l’effet combiné de la baisse du pétrole et des sanctions internationales. Au Japon enfin, la thérapie Abenomics n’a pas fonctionné et le pays vient de renouer avec la récession.

L’Europe se retrouve ainsi livrée à elle-même, avec des espoirs qui reposent essentiellement sur le programme d’assouplissement quantitatif de la BCE et le plan Juncker de relance de l’investissement. Mais ce ne sont là que des bouées de sauvetage. Ce qu’il faut, ce sont des réformes structurelles pour restaurer la compétitivité. La preuve avec l’Allemagne, qui continue à vendre ses produits dans le monde, même avec une monnaie forte.

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