L'Hexagone doit tourner rond

©Sofie Van Hoof

Que sa politique soit infléchie à gauche ou à droite, jusqu’à présent, le président de la République a plutôt tout fait de travers.

Sauf changement de dernière minute, Manuel Valls doit prononcer demain le discours d’ouverture de l’université d’été du Medef. Quand il a accepté de prendre la parole devant la crème des patrons français, le Premier ministre ne se doutait certainement pas qu’il serait en train de gérer sa première crise gouvernementale. Finalement, ce n’est peut-être pas plus mal: au moins pourra-t-il annoncer aux chefs d’entreprise impatients qu’il a mis sur pied un gouvernement plus cohérent, davantage en phase avec les remèdes qu’il veut apporter à la situation économique de la France. Et s’il parvient à les convaincre, peut-être pourra-t-il compter sur un peu plus de bonne volonté de leur part.

Bien sûr, Manuel Valls n’a pas eu la tâche facile jusqu’à présent, donnant toujours l’impression d’être gêné aux entournures, peut-être en raison de la présence de quelques "esprits forts" au sein de son équipe initiale. Surtout si l’un d’entre eux détient le portefeuille de l’Économie. Lorsqu’une partie du gouvernement hurle à la politique de droite chaque fois que l’on prononce le mot "austérité", il est difficile de parler d’une seule voix et de convaincre les décideurs économiques.

En fait, que sa politique soit infléchie à gauche ou à droite, jusqu’à présent, le président de la République a plutôt tout fait de travers. Il a dû jouer les équilibristes entre ses déclarations de campagne incendiaires contre la finance et sa décision, en janvier dernier, de réduire les charges des entreprises pour soutenir une politique de l’offre. Il a aussi multiplié les prévisions volontaristes mais sans fondement économique sur le chômage ou la croissance, qui ont à chaque fois été démenties par la réalité.

Aujourd’hui, deux ans et demi après l’élection présidentielle, François Hollande est au plus bas dans les sondages, la cote de son Premier ministre dégringole, elle aussi, et l’économie du pays ne parvient pas à redresser la tête. N’est-il pas trop tard? En tout cas, il est plus que temps: la France est un grand pays, la deuxième économie de la zone euro. Elle n’a tout simplement pas le droit de se voiler la face et de s’enfoncer dans le marasme. François Hollande et son Premier ministre en ont la responsabilité: l’Hexagone doit tourner rond.

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