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L'hirondelle et le printemps

©RV DOC

Après de longues années de crise, les éclaircies s’accumulent sur l’économie. Mais le chemin n’est pas sûr.

Hier, le soleil a brillé. Ca faisait longtemps. Après de longues semaines, plongés dans l’obscurité de l’hiver, les passants se risquaient dehors, les yeux éblouis, le pied encore incertain parmi les îlots de neige fondante.

Ces premiers pas hésitants, c’est aussi ce que fait l’économie mondiale depuis le début de l’année. Après de longues années de crise, les éclaircies s’accumulent. Mais le chemin n’est pas sûr. Personne n’ose encore lever les yeux de ses chaussures.

Sur le thermomètre pourtant, le mercure grimpe. Lentement mais sûrement. Les bons résultats d’entreprises américaines ont permis à Wall Street d’enregistrer sa plus longue hausse depuis huit ans. Le Dow Jones titille désormais son record historique. Hier, l’agence de notation Fitch a levé sa menace de dégrader la note "AAA" des Etats-Unis.

Ou ceci: depuis décembre, la Grèce ne fait plus partie des parias de la zone euro. Ses partenaires ont décidé de la soutenir. Coûte que coûte.

Mieux encore: vendredi, la Banque centrale européenne a annoncé que ses banques allaient rembourser de façon précoce plus d’un quart du premier prêt à trois ans qu’elle leur avait consenti en décembre 2011. Mercredi, près de 140 milliards vont ainsi retrouver les coffres de la BCE. Le Belge KBC rembourse lui-même 8,3 milliards "compte tenu de la nette amélioration du marché du financement de gros". On croirait voir le cliché en négatif d’une photo prise en 2008.

Pourtant, personne n’ose encore braquer son objectif sur l’horizon. À Davos, où se tenait la semaine passée le Forum économique mondial, l’humeur restait aussi figée qu’un matin d’hiver.

Le président de la BCE, Mario Draghi, y était tout en nuance. L’euro est relancé, mais "le jury est toujours là". Les progrès ne se traduisent toujours pas dans l’économie réelle, estime-t-il.

On parle d’une triple récession en Grande-Bretagne, du déficit commercial record au Japon, des créances douteuses en hausse continue en Espagne. N’oublions pas: nous ne sommes que le 29 janvier. Un trille d’hirondelle ne fait pas le printemps.

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