L'histoire en marche arrière

Frédéric Rohart

Un accord sur le Brexit est-il possible?

Et si les Britanniques annulaient le Brexit? C’est l’option la plus souhaitable, mais elle semble si peu probable qu’on ose à peine y songer. Loin de se contenter de se bercer d’illusions, l’entrepreneur britannique Julian Dunkerton a mis la main au portefeuille pour donner sa chance au destin: un million de livres sterling pour redonner du tonus à la campagne People’s Vote, qui milite pour la tenue d’un nouveau référendum.

Les conditions sont très loin d’être réunies pour rendre envisageable le "breversal", l’inversion du Brexit. De ce côté-ci de la Manche, c’est très clair: les Vingt-Sept n’ont jamais cessé de dire aux Britanniques que la porte restait grande ouverte. Mais à Londres, il faudrait que les dirigeants du pays soient favorables à une nouvelle consultation avant le 29 mars. Or ni les conservateurs ni les travaillistes ne défendent l’option.

En attendant un hypothétique changement de vent, les négociateurs poursuivent leur œuvre.

Étrangement, demander leur avis aux Britanniques dans un climat passionnel et mal informé semble à leurs yeux plus pertinent que le faire une fois le résultat de la négociation sur la table et l’inconsistance des Brexiters largement documentée. Mais plus étrangement encore – et à la décharge des politiques –, les Britanniques ne sont pas une écrasante majorité à exiger un deuxième référendum.

L’histoire peut-elle encore faire marche arrière? En attendant un hypothétique changement de vent, les négociateurs poursuivent leur œuvre. Michel Barnier ne montre – heureusement – aucun signe de fléchissement de sa ligne: le Brexit ne peut menacer l’intégrité de l’Union et il ne peut créer de frontière physique sur l’île d’Irlande.

Le gouvernement de Theresa May peut-il survivre à un accord qui respecte cette ligne? Personne n’a la réponse. Mais les Britanniques sont aujourd’hui deux fois plus nombreux à croire que le pays sortira de l’Union sans accord avec les Vingt-Sept. Et pendant qu’un milliardaire tente de forcer le destin, un autre, Jim Ratcliffe, met les voiles pour une riche principauté de la Côte d’Azur, allongeant la liste des partisans du Brexit qui vont mettre leur fortune à l’abri.

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