L'humain doit prévaloir

Simon Souris (L'Echo) ©KVA

L'édito de Simon Souris/Sécurité informatique

La récente découverte de deux failles d’ampleur qui agiteront très certainement l’industrie des microprocesseurs pendant de nombreuses semaines, de même que toutes les entreprises qu’elle fournit, renforce l’idée, simple, que dans ce monde du numérique, plus personne n’est à l’abri.

Une réalité que de plus en plus d’entreprises belges se doivent de prendre en compte et qui n’est pas sans conséquences, financière notamment, pour elles. C’est d’ailleurs ce qui explique le boom des cyberassurances qui ont percé depuis 2016.

L’employé qui tient la porte à un quidam peut outrepasser la plus sécurisée des barrières. La cybersécurité tient plus du défi humain.

Car dans les faits, la cybersécurité, c’est devenu "business as usual". De la même manière que l’on s’assure contre un incendie ou un accident de travail, tout un chacun se doit désormais d’intégrer le coût inhérent de potentielles défaillances de l’autre côté du clavier. Défaitisme? Peut-être. Mais réalisme aussi.

Et nos entreprises l’ont compris. Elles investissent. Massivement. Jamais les marchés belge et mondial n’ont compté autant de cyber experts, ni vu le privé dépenser tant d’argent dans une infrastructure renforcée, des firewalls, des consultants… Reste donc la question du facteur humain. La conscience générale. Seul paramètre où l’on peut faire quelque chose. Si l’utilisateur lambda – Jean employé au service comptabilité ou Sandrine du marketing – ne peut rien contre un malware ou un cheval de Troie d’ampleur planétaire, nos sociétés pourraient user d’un bon sens quasi paysan.

En effet, une entreprise a beau vouloir défendre sa tour d’ivoire en barricadant l’accès à l’aide de la porte la plus sécurisée jamais construite, si un employé, rien que cela, décide de la tenir, par une courtoisie peut-être surannée, à quelque quidam passant par là, tout est foutu. L’édifice ne tient alors plus que de l’artifice. Et s’écroule. Tel un château de cartes intelligemment érigé qu’une légère brise viendrait tout à coup réduire à néant alors que tout devait pourtant si bien se passer. Bref, la cybersécurité est le défi de chacun. Et l’homme incarne toujours l’unité centrale d’un système à mettre à jour pour l’intégrer.

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