L'important, ce sont les taux d'intérêt

Chroniqueur

Tous les regards se tournent vers Jackson Hole, où Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale, doit prononcer un important discours ce vendredi. Tant que l’on parle du Covid-19 et de ses variants, il est probable que la prudence restera de mise. Les taux vont rester bas un bon bout de temps.

Imaginez un pays qui enregistre une croissance du Produit intérieur brut (PIB) de 6% et qui affiche une inflation de plus de 5%. Peut-on raisonnablement penser que les taux d'intérêt à court terme de ce pays demeurent au niveau zéro? Et que les taux des obligations d'État à 10 ans continuent à y refluer depuis plusieurs semaines pour se situer aujourd'hui à 1,3% à peine? Non. Et pourtant, c'est la situation qui prévaut aux États-Unis. Dans ce contexte, tous les regards se tournent vers le symposium de Jackson Hole, sorte de Davos pour les banquiers centraux, où Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale (Fed), doit prononcer un important discours vendredi.

La question à un milliard de dollars est de savoir si la Fed va lever le pied en matière de rachat d'actifs. Actuellement, dans son dispositif anti-crise, la Fed achète 120 milliards de dollars par mois de titres obligataires sur les marchés. C'est conséquent. Tôt ou tard, Powell va annoncer une réduction des achats. Mais si l'on se fie aux signaux envoyés par le marché obligataire, les investisseurs semblent entièrement faire confiance – tout au moins pour l'instant – à la banque centrale pour mener à bien cet exercice. Et puis, l'important, juge-t-on, ce sont surtout les taux d'intérêt. Or, la Fed ne devrait pas remonter ses taux directeurs de sitôt. Peut-être à la fin 2022, voire en 2023... Cela laisse le temps de voir.

Tant que l'on parle du Covid-19 et de ses variants, il est probable que la prudence restera de mise sur le plan monétaire.

En réalité, tant que l'on parle du Covid-19 et de ses variants, il est probable que la prudence restera de mise. Il y a peu, Jerome Powell a humblement avoué qu'il ne savait pas dans quelle mesure la propagation du variant Delta affectera l'économie. Certains membres de la Fed s’inquiètent plus ouvertement, en évoquant un impact sur le retour à l'école et au bureau, sur la capacité à recruter des salariés à cause de la peur du virus... Autant d'éléments qui pourraient freiner la reprise économique.

Ce maintien des taux à des niveaux "anormalement" bas fait un heureux: l'Europe. En mars dernier, Christine Lagarde avait dû taper du poing sur la table. La présidente de la BCE s'était alarmée de voir les taux européens suivre la tendance à la hausse des taux américains. Depuis mai dernier, tout est rentré dans l'ordre: les taux n'ont cessé de refluer. En Belgique, ils sont même redevenus négatifs! Tout profit pour l'État belge. Mais aussi pour la Wallonie, qui pourra emprunter à un taux favorable pour financer la reconstruction des zones dévastées par les inondations. Oui, pour l'instant, l'important, ce sont les taux d'intérêt.

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