L'impulsivité, un très gros défaut

Journaliste

Les cours philosophiques à l’école.

L’impulsivité n’est pas une qualité. Surtout en politique. Joëlle Milquet aurait dû s’en souvenir quand la Cour constitutionnelle, le 12 mars, a décrété que les parents ont "le droit de ne pas divulguer leurs convictions religieuses ou philosophiques".

La ministre de l’Enseignement a réagi. Mais elle a manqué de réflexion. En lançant si vite un sondage auprès des parents afin de leur demander s’ils préféraient les cours de religion, de morale, ou "rien", elle a créé le chaos. Et commis des erreurs. Un, elle a imposé à ces parents de révéler au grand jour leurs convictions. Or, c’est ce que dénonçait la Cour, au nom du droit à la vie privée. Deux: elle a lancé cette enquête dans l’espoir que les parents posent un choix entre les cours existants. Et pour cause: organiser un troisième cours (de citoyenneté?), est impayable. Sauf à faire du "bricolage" (ce que l’on s’apprête à faire).

La ministre de l’Enseignement a créé le chaos et commis des erreurs.

Trois: elle a négligé les effets pervers qui pouvaient surgir d’une telle enquête, réalisée sans explication vers les parents. Et surtout, sans donner d’alternative claire en cas de refus des cours de religion ou de morale (mais peut-être – raison budgétaire oblige – était-ce voulu?). Résultat, des parents se sont laissé guider par leur école, ou des associations de parents, comme la Fapeo.

Joëlle Milquet a d’ailleurs dénoncé cette influence. À raison? Pas sûr. Les associations de parents ont pour mission de donner un avis jugé utile à l’éducation scolaire. Leur avis, qui invitait les parents à "boycotter" les cours de religion et de morale, afin de pousser à l’organisation d’un cours commun d’éducation philosophique, était peut-être très (trop) tranché. Mais doit-on leur donner tort? Non. En inscrivant leur enfant dans l’enseignement non confessionnel, les parents font le choix d’un enseignement laïc.

Pourquoi, alors, ne pas cesser ces débats stériles, faire table rase du passé, et organiser un vrai cours philosophique, ou d’histoire des religions, qui mettrait la majorité d’accord (et éviterait aussi les clivages entre élèves de différentes confessions…)? Si, pour une fois, on laissait parler le bon sens? Joëlle Milquet pourrait alors se pencher sur les vrais problèmes de l’école. Car c’est ça, l’urgence.

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