L'inflation menace le pouvoir d’achat et la compétitivité

La hausse des prix est néfaste pour tout le monde. Les politiques ont des idées pour les ménages précarisés, c'est une très bonne chose, mais il s’agit aussi de contenir les coûts pour les classes moyennes et les entreprises. Sans quoi c’est toute notre économie qui risque d’en faire les frais.

Il y a un an, l’inflation atone était un motif d’inquiétude, surtout dans un contexte de reprise de l’endettement. Aujourd’hui, tout le monde s’inquiète du retour de l’inflation.

À raison, car un retournement aussi brutal constitue une menace pour le pouvoir d’achat. Les ménages doivent s’attendre à une facture d’énergie salée, en particulier ceux qui consomment du gaz. L’indexation devrait certes permettre d’amortir le choc au moins en partie. La Belgique est un des rares pays au monde à pratiquer l’indexation de manière automatique.  

L’indexation n’est cependant pas parfaite. D’abord parce qu’elle est basée sur l’indice santé, qui exclut certains produits comme les carburants, l’alcool ou les cigarettes. Ensuite parce que les ménages à faibles revenus dépensent proportionnellement plus pour leur énergie. Ils seront d’autant plus touchés qu’ils disposent de moins de capacité d’épargne pour faire face à un choc brutal.

Les entreprises sont doublement touchées par la hausse des prix de l’énergie. Leurs coûts de production augmentent et, avec l’indexation, s’y ajoute une hausse des coûts salariaux.

Les politiques s’en soucient et rivalisent de créativité pour remédier à la situation: baisse de la TVA, gel des prix, chèques-énergie, accises flexibles, cliquets, nouvelle composition de l’index. Bref, ça part dans tous les sens. Si l’efficacité de ces solutions par rapport au pouvoir d’achat n’est pas garantie, elles constituent en outre un mauvais signal à l’heure où il faut rationaliser notre consommation énergétique. Seuls les chèques-énergie et l’extension du tarif social passent le test de la rationalité et de l'efficacité économique, car ils concentrent l’aide sur les plus faibles sans ralentir l’indexation qui protège, certes de manière imparfaite, l’ensemble de la population.

Les suggestions des politiques sont en revanche beaucoup moins prolifiques pour venir en aide aux entreprises, alors que celles-ci sont doublement impactées par la hausse des prix de l’énergie. Leurs coûts de production augmentent et, avec l’indexation, s’y ajoute une hausse des coûts salariaux. Ce sont autant de menaces sur la compétitivité et, indirectement, sur l’emploi.

La capacité des entreprises à transmettre la hausse des coûts sur les prix de vente semble pour l’heure assez limitée. Mais c’est un élément à surveiller, sous peine de s’exposer à des effets de second tour, c’est-à-dire une généralisation de l’inflation au-delà de la seule composante énergétique.

La hausse des prix est néfaste pour tout le monde. C’est très bien que les politiques aient des idées pour soutenir les plus précarisés, mais il s’agit aussi de contenir les coûts pour les classes moyennes et les entreprises. Sans quoi c’est toute notre économie qui risque d’en faire les frais.

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