L'introuvable coalition de droite

©Sofie Van Hoof

L’histoire n’est pas finie, a dit hier Bart De Wever. Elle n’est même qu’un éternel recommencement, aurait-il pu ajouter.

La Belgique se retrouve une nouvelle fois dans une impasse politique. Et la constitution d’une coalition de centre-droit a encore une fois échoué. Un air de déjà-vu… La raison est profonde, au-delà des petits jeux politiques du moment et du "non" du cdH. Elle a trait à la coexistence de deux démocraties. Ne nous voilons pas la face: la Flandre reste largement séduite par un projet nationaliste et socio-économique de droite; la Wallonie et Bruxelles restent majoritairement ancrés au centre-gauche. Le résultat des élections en atteste.

Une coalition sans le PS est-elle dès lors impossible? Il reste une formule envisageable: un exécutif fédéral où le MR serait le seul parti francophone, aux côtés de la N-VA, du CD&V et de l’Open VLD.

Pour le MR, l’idée peut paraître alléchante. Une telle coalition lui permettrait de rafler un nombre impressionnant de maroquins ministériels, la parité linguistique étant requise en conseil des ministres, voire de briguer le "Seize". Elle aurait surtout l’avantage d’une forte cohérence programmatique. Elle permettrait d’entreprendre des réformes d’envergure (fiscalité, chômage…) et marquerait une vraie rupture avec la gestion actuelle.

Pour autant, le pari serait très risqué. Une telle aventure, c’est la garantie d’une guerre ouverte avec les gouvernements régionaux à Bruxelles et en Wallonie. C’est aussi l’assurance de graves conflits sociaux. Nul doute que les syndicats mettraient aussitôt tout leur poids dans la bataille. Enfin, et surtout, le MR serait le seul représentant francophone. Avec 20 sièges sur les 63 strapontins francophones à la Chambre et grosso modo un quart des voix à Bruxelles et en Wallonie, cet hypothétique gouvernement de droite serait très minoritaire et donc illégitime… dans une des deux démocraties belges.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés