L'inutile demi-mesure

Joan Condijts

La taxe sur les plus-values boursières.

Le ministre des Finances verserait-il dans le gauchisme? Johan Van Overtveldt serait-il dopé aux anabolisants pétébistes? L’indépendantiste flamand s’apprête à taxer les plus-values "trop rapides": l’investisseur qui vend des actions moins de six mois après leur achat, cédera un tiers de l’éventuel bénéfice à l’État. "Dans la mesure où la taxe est un succès, il y aura moins de spéculation. Et nous savons tous que la spéculation est déstabilisante pour le système financier", s’est justifié le grand argentier sur un plateau de la VRT dimanche soir.

La décision tient davantage de ces mesures plus populistes qu’efficaces portées par des radicaux de gauche ou de droite.

Le mandataire N-VA et le gouvernement Michel ont donc décidé de s’attaquer à la spéculation boursière. En ciblant les petits porteurs. Car la taxe annoncée se limite aux particuliers, aux résidents belges. Et, par conséquent, ne touchera nullement les principaux faiseurs de volume sur les marchés, c’est-à-dire les fonds, les grands traders… Si la baisse de la spéculation (qui, soit dit au passage, n’est pas négative par essence) est – comme le déclare Johan Van Overtveldt – un objectif, la copie devra être revue.

La décision tient cependant davantage de la posture idéologique. De ces mesures plus populistes qu’efficaces traditionnellement portées par des radicaux de gauche ou de droite.

Une mesure populiste car, aux yeux de beaucoup, elle frappe le boursicoteur, celui qui possède tant qu’il peut se permettre d’investir dans ce Monopoly des nantis… Johan Van Overtveldt aurait pu corriger cette dérive en intégrant la moins-value dans le calcul, en permettant à celui qui investit de déduire ce qu’il a perdu (car en Bourse, tout le monde ne gagne pas…).

Une mesure plus populiste qu’efficace parce qu’elle risque, au pire, de refroidir certains petits investisseurs, au mieux de ne pas changer grand-chose, certainement pas les "équilibres" de répartition du capital. Pour, in fine, ne rapporter à l’État que 34 millions, selon les estimations du ministre des Finances.

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